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Société
Dossier : Attentat mortel à Strasbourg sur le marché de Noël

Attentat de Strasbourg : un an après, la cellule d'aide aux victimes est toujours sollicitée

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Un an après l'attentat de Strasbourg, l'espace d'information et d'accompagnement des victimes suit encore régulièrement 80 personnes. Le soir du 11 décembre 2018, le terroriste a tué cinq personnes et blessé une dizaine, mais beaucoup plus ont été traumatisées : l'EIA a rencontré 1 614 victimes.

Des personnes déposent des bougies au pied du mausolée de Kléber pendant l'hommage rendu à Strasbourg le 16 décembre 2018 suite à l'attentat survenu cinq jours plus tôt.
Des personnes déposent des bougies au pied du mausolée de Kléber pendant l'hommage rendu à Strasbourg le 16 décembre 2018 suite à l'attentat survenu cinq jours plus tôt. © Maxppp - Jean-Marc LOOS

Strasbourg, France

Comment fait-on pour avancer lorsque l'on a été confronté à l'horreur ? Il y a un an, le soir du 11 décembre 2018, le terroriste tue 5 personnes et en blesse une dizaine. Mais beaucoup plus sont marquées par cette attaque : tous ceux qui ont perdu un proche, ceux qui se sont retrouvés sur le passage du tueur, ceux qui ont tenté de sauver des victimes, ceux qui étaient aux avant-postes à cause de leur métier ou qui vivent dans le quartier, etc. 

SOS aide aux habitants France victimes 67 ainsi que Viaduq FV 67 sont agréées par l'Etat pour prendre en charge les victimes d'attentat en Alsace. En un an, l'espace d'information et d'accompagnement (EIA) a rencontré 1 614 victimes directes ou indirectes de l'attentat de Strasbourg, et accompagne toujours 80 personnes aujourd'hui, la majorité pour un suivi psychologique. Un an plus tard, de nouvelles personnes continuent de pousser la porte du local situé dans le quartier de la Meinau.

Un an plus tard, des personnes demandent de l'aide pour la première fois

Il y a une semaine encore Faouzia Sahraoui, la directrice de SOS aide aux habitants France victime 67 rencontrait une personne confrontée de très près à l'attentat : "Elle aurait dû figurer sur la liste [de victimes] depuis le début, elle était aux avant-postes de par son travail mais elle n'a pas sollicité le dispositif... et on découvre qu'elle est restée seule avec ses difficultés" regrette la psychologue. Pourtant l'association suit une procédure et a rappelé toutes les personnes listées par les pompiers ce soir-là, mais elles n'ont pas forcément accepté de l'aide : "Certains essayent de solliciter leurs propres ressources pour s'en sortir, c'est aussi une démarche normale" note Faouzia Sahraoui. 

Faouzia Sahraoui, la directrice de SOS aide aux habitants explique pourquoi de nouvelles personnes se tournent vers la structure au bout d'un an.

Plusieurs raisons à cela : déjà, le stress-post traumatique peut s'exprimer de façon différée, jusqu'à deux ans après l'événement. L'approche des fêtes de Noël et de la première commémoration officielle sont des causes qui ravivent le traumatisme : "De nouvelles personnes arrivent, d'autres que l'on accompagnait et qui avaient bouclé leur suivi reviennent aussi vers nous, mais la sollicitation reste raisonnable", raconte la directrice qui ajoute : "Malgré notre démarche pro-active, au départ il y a des personnes qui ne se sentaient pas légitimes pour solliciter le dispositif, elles nous disaient : 'Je ne suis pas blessé, je n'ai pas perdu un membre de ma famille, mais aujourd'hui je constate quand même que je suis en difficulté au travail, avec mes enfants... est-ce que je peux venir ?'"

Il y a des personnes qui ne se sentaient pas légitimes pour solliciter le dispositif" - Faouzia Sahraoui, directrice SOS aide aux habitants France victimes 67

Le dispositif est pourtant global : toute personne se sentant victime de près ou de loin peut s'orienter vers l'EIA (assuré par SOS aide aux habitants et Viaduq 67). Dans la semaine qui a suivi l'attaque, 700 personnes se sont ainsi présentées à la cellule d'urgence de la CAF. L'EIA a ensuite rappelé les 1614 personnes  Le suivi est personnalisé et pluridisciplinaire : psychologique, juridique et social. La partie psychologique est la plus sollicitée : "L'objectif est d'intégrer le trauma, on ne peut pas oublier ce qu'on a vécu mais on peut l'intégrer pour vivre avec" précise Faouiza Sahraoui.  

Le second volet d'accompagnement est très large : "Nous nous aidons à constituer des dossiers pour obtenir le fond de garantie, nous proposons aux personnes qui ne l'ont pas fait de se constituer partie civile, nous les informons sur leurs droits, et nous les aidons lorsqu'il y a un problème avec la sécurité sociale ou autre", détaille Noémie Tebol, juriste à SOS aide aux habitants France victimes 67.  

Des victimes directes encore très marquées

Les victimes directes sont encore très touchées, maître Arnaud Friederich représente représente la famille de Pascal Verdenne, tué devant le restaurant La Stub, rue du Saumon, et deux personnes blessées au bar les Savons d'Hélène. Ses clients n'ont pas repris le travail et leur état n'est pas considéré comme "consolidé" : le traumatisme est encore trop important. 

Maître Arnaud Friederich raconte dans quel état se trouve ses clients un an après l'attentat de Strasbourg

"Le stress post-traumatique est une pathologie très complexe et très incapacitante, explique Faouzia Sahraoui, Cela affecte toutes les sphères de la vie quotidienne : le sommeil, l'alimentation, les relations sociales, le travail... Ce peut être de l'hype-vigilance, des stratégies d'évitement." Des victimes ont ainsi confié à la psychologue qu'elles ne se rendraient pas sur le marché de Noël.

L'Espace d'aide et d'accompagnement des victimes de Strasbourg en chiffres :

  • 1 614 victimes directes (blessées ou ayant perdu un membre de leur famille) ou indirectes (blessés psychologiques notamment), une liste qui évolue toujours.
  • 806 entretiens psychologiques réalisés.
  • 92 dossiers de fond de garantie créés.
  • Plus de 50 personnes se sont constituées partie civile, il est possible de le faire jusqu'à la veille du procès.
  • 314 personnes suivies régulièrement pendant un an, 80 le sont encore aujourd'hui.

L'EIA n'a pas vocation à durer, la structure fermera ses portes le 31 décembre 2019, mais l'accueil des victimes continue. Toute personne se sentant fragilisée par l'attentat de Strasbourg peut contacter SOS aide aux habitants France Victime 67 au 06.01.70.53.37. 

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