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Société

Attentats de Paris : quels souvenirs en garderons-nous ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Lorraine Nord

Une étude sans précédent est menée à l'université de Metz, mais aussi à Paris et à Caen, sous l'égide de L'Inserm et du CNRS. Un millier de personnes racontent ce qu'elles conservent en elles du 13 novembre 2015. Elles témoigneront pendant les dix prochaines années.

Malik Dia a livré ses souvenirs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.
Malik Dia a livré ses souvenirs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. © Radio France - François Pelleray

Metz, France

Une étude sans précédent est menée sous l'égide du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) à Paris, Caen et Metz. En plus de livrer ses souvenirs des attentats parisiens du 13 novembre 2015, il faut s'engager à témoigner dans deux ans, puis dans cinq ans et enfin dans dix ans. L'idée de cette étude menée entre autres par le CREM, le centre de recherche sur les médiations de l’université de Lorraine, à Metz, est d'observer comment on construit ses souvenirs et comment ils évoluent.

Des entretiens filmés

Vous êtes enfermés durant une bonne heure dans un studio. Et devant une caméra, vous commencez par ce que vous voulez. Ensuite viennent les questions puis à la fin, il faut répondre à un questionnaire écrit encore plus précis.

A Metz, une petite centaine de personne se sont portées volontaires. Certaines se trouvaient au Stade de France le jour des attentats. D'autres sont plus ou moins proches de Marie et Mathias, ce jeune couple mosellan abattu au Bataclan. Malik Dia, lui, se trouvait chez lui à Metz, loin des attentats mais complètement traumatisé : « d’autant plus que je me trouvais devant le match de foot à la télévision. J’ai encore en tête cette foule sur la pelouse du stade de France. Durant l’entretien, sans m’en rendre compte, je crois que j’ai utilisé plusieurs fois le mot terrible ».

J’étais tellement sidéré

Comment Malik Dia se sent-il à la sortie de l’entretien ? « C’est bizarre mais je me sens soulagé comme si j’avais besoin d’exprimer des choses. Sur le coup on est pris par une telle sidération que pendant un moment on est entre deux eaux. C'est tellement irréel que des gens puissent commettre de telles atrocités, que l’on met du temps à réaliser. Mais ensuite quand on égraine le nombre de morts, on prend une vraie gifle. On m’a demandé comment j’avais vécu ces attentats par rapport à ma famille et là je me suis souvenu des discussions avec mes filles, c’était des moments assez pénibles ».

Le témoignage de Malik Dia.

Des récits différents d’un même évènement

Malik Dia a passé son entretien avec Marie Chagnoux, maitre de conférences à l'université de Lorraine, attachée au CREM (centre de recherche sur les médiations). Elle remarque que les mêmes images reviennent souvent. En revanche il y a beaucoup de différences dans les réponses : « quand on demande aux gens ce dont ils se souviennent, on a des réponses très différentes alors que les événements sont les mêmes. Et ce qui diverge beaucoup également, ce sont les émotions, la manière dont les gens vont évoquer leurs souvenirs à travers leurs émotions… ou leur non-émotion ».

Curieux de ce que je pourrai dire dans quelques années

Les volontaires devront à nouveau ressasser ces souvenirs dans deux ans. Ces souvenirs seront-ils exactement les mêmes ? Malik n'est sûr de rien : « je me demande si le fait de savoir que je vais revenir dans deux ans ne va pas changer ma perception. Donc je suis bien curieux de voir ce que cela donnera dans plusieurs années ».

Les entretiens se terminent samedi 2 juillet. Il reste des place jeudi 30 juin. Pour témoigner, contactez l'université sur le site du Saulcy à Metz à cette adresse : crem-13-novembre@univ-lorraine.fr

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