Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

"Ces attentats nous ont marqués au fer rouge" : Aristide Barraud joueur du Stade Français, blessé le 13 novembre 2015

lundi 13 novembre 2017 à 7:10 Par Martine Bréson et Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris

Le rugbyman Aristide Barraud a écrit "Mais ne sombre pas", un livre sorti en octobre. Le joueur du Stade Français, gravement blessé dans les attentats du 13 novembre 2015, raconte comment il a lutté pour revenir sur le terrain et pourquoi il a finalement renoncé. Ecoutez son émouvant témoignage.

Aristide Barraud.
Aristide Barraud. - Hermance Triay

Paris, France

Le rugbyman, Aristide Barraud ne veut plus être étiqueté comme l'un des survivants des attentats du 13 novembre 2015 à Paris qui ont fait 130 morts au Bataclan, aux terrasses et près du Stade de France. Il a tourné la page. Après avoir tenté de reprendre sa vie de sportif en Italie, il a finalement abandonné. Il vient de sortir un livre intitulé "Mais ne sombre pas" publié aux éditions du Seuil. Il raconte sa bataille pour revenir sur le terrain et son renoncement. Son témoignage est poignant. Il a été recueilli par la journaliste, Fanny Lechevestrier.

Trois balles de kalachnikov dans le corps

Ce jour-là, le 13 novembre 2015, Aristide Barraud se trouve avec sa sœur et des amis à la terrasse du Petit Cambodge. A 21h25 alors qu'un premier commando de terroristes est entré en action près du Stade de France, un second groupe de terroristes ouvre le feu sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants dans le 10e et 11e arrondissement de Paris. L'ancien demi d'ouverture de Mogliano (Première Division de rugby italienne), international français chez les jeunes, reçoit trois balles de kalachnikov. Il fait partie des 32 blessés de cet attentat qui causera la mort de 39 personnes.

Il pensait pouvoir reprendre sa carrière de rugbyman

La première balle reçue par Aristide Barraud lui perfore côtes et poumon. Une autre le blesse à la cuisse. La troisième explose en fragments qui pénètrent dans son tendon d'Achille et son mollet gauche. Il frôle la mort mais il résiste. Sa volonté de vivre et de rejouer au rugby le sauvera. Mais il renoncera finalement à sa carrière. "Je pensais que le plus gros défi serait de rejouer. Il est finalement de devoir se réinventer", écrit Aristide Barraud qui a arrêté le rugby en avril 2017.

Un matin en me réveillant, c'était fini. Je n'étais plus joueur de rugby"

Deux ans après les attentats, Aristide Barraud se souvient de son cheminement. Il raconte qu'il avait décidé qu'il allait reprendre le rugby dans son équipe de Mogliano "à son réveil en réanimation le 14 novembre". Il ne voulait pas que des gens décident pour lui mais petit à petit l'idée du renoncement fait son chemin. Il se rend compte que "cela allait être impossible" de reprendre son quotidien de joueur de rugby. "Il a fallu faire preuve de sagesse à un moment. Je suis passé par tous les états et ça s'est passé un matin en me réveillant. C'était fini. Je n'étais plus joueur de rugby et depuis je ne suis plus joueur de rugby".

La vie d'après d'Aristide Barraud

Deux ans après les attentats il avance toujours et il explique : "J'ai eu la chance d'être en vie, j'ai la chance d'être là encore". Il confie que sa vie d'après est différente mais belle. Elle est parfois "contaminée par les attentats, et remplie de ce rugby qui n'est plus. J'essaye de pas voir le vide qui parfois m'envahit, et ce corps qui me laisse rarement en paix".

Je suis Aristide, je suis un jeune homme de 28 ans qui fait de son mieux"

Aristide Barraud ne veut pas voir la vie en noir. "J'arrive à trouver des belles choses à chaque fois. Je me concentre sur ça. J'ai l'impression de faire de mon mieux depuis les attentats et ça se passe pas mal". Aristide Barraud a prévenu que c'était la dernière fois qu'il parlait du 13 novembre. Il ne veut plus être étiqueté comme "survivant". Il dit qu'il sait que sa vie ne sera plus pareille.

Un livre pour raconter la reconstruction

Quand il parle de son livre "Mais ne sombre pas", Aristide Barraud précise que "ce n'est pas un livre de survivant, ce n'est pas un livre de héros. C'est le livre d'un jeune homme qui a vécu une expérience traumatisante qui grâce aux autres, grâce au sport a réussi à s'en sortir et qui veut témoigner de ça aux autres pour dire simplement : on peut le faire". C'est cet espoir de rejouer au rugby qui dit-il "lui a sorti la tête de l'eau, m'a sorti des idées noires et j'y ai cru à 100%". Doucement, il se rend compte que cela ne sera pas possible, qu'il se bat contre lui-même . C'est à ce moment là qu'il prend la difficile décision d'abandonner cette idée. Son livre raconte son cheminement, ses espoirs, ses doutes. C'est une véritable leçon de vie.

"Mais ne sombre pas " publié au Seuil - Radio France
"Mais ne sombre pas " publié au Seuil © Radio France - Fanny Lechevestrier

Notre dossier - Attentats du 13 novembre 2015