Au cœur de la Nuit de la solidarité à Paris
Pour la deuxième année consécutive, la ville de Paris a organisé une Nuit de la solidarité. Dans la nuit de ce jeudi 7 février à vendredi 8, 2.000 bénévoles ont recensé les personnes à la rue dans la capitale.

L'an dernier, la toute première Nuit de la solidarité en France et en Europe avait permis de recenser 3.035 personnes vivant à la rue dans les rues, les métros, les parkings de Paris. 88% de ses sans-abris étaient des hommes et 12% des femmes. En 2019, même action. Ce jeudi soir, à partir de 22h, 2.000 bénévoles d'association et simples citoyens sont retournés sillonner les rues de la capitale. 370 équipes ont été réparties dans toute la ville, mais de nombreux partenaires se sont engagés dans l’action également. Ainsi, la SNCF et la RATP vont aussi à la rencontre des sans-abris dans les gares et les stations de métro. Les bailleurs sociaux visitent les caves, les cages d’escalier des logements sociaux et deux sociétés gestionnaires de parking, Indigo et Saemens jouent le jeu aussi.
Pour cette deuxième édition, France Bleu Paris a suivi une équipe de 5 parisiens, menés par Muriel, directrice du CCAS du 12ème arrondissement.
Tout commence par une formation
Le rendez-vous nous est donné à 20h, à la mairie du 12e arrondissement de Paris. Près de 200 bénévoles ont répondu à l’appel ici, de quoi créer 30 équipes pour couvrir tout l'arrondissement. Mais certains secteur ont été réservés à des groupes de professionnels. Les berges de la Seine, la Gare de Lyon par exemple, où les sans-abris sont très nombreux et parfois difficiles. Pour les autres secteurs, chaque équipe est menée par un professionnel, de la ville ou d’une association. Mais tous les bénévoles, qu'ils fassent leur première Nuit de la solidarité ou leur seconde, ont droit à une formation rapide. Deux heures pour comprendre ce qu’est un comptage de nuit, bien intégrer la méthodologie mais surtout se préparer à ce qu’on pourra voir, les situations difficiles.
Reportage - France Bleu Paris au coeur de la Nuit de la solidarité.
Chaque rue, chaque trottoir, chaque recoins
A 22h, c'est parti. Les équipes se dispersent et commencent à quadriller les rues, selon une méthode bien organisée. Chaque rue est arpenter, chaque coté de trottoir pour jeter un oeil partout. Y compris dans les voitures. Mais Muriel, notre cheffe d'équipe est attentive aussi, aux gens qu'elle croise... Elle interpelle certains passants. "Il y a parfois des sans-abris mobile, qui marche toute la nuit pour éviter de se retrouver en insécurité. Ce sont souvent des jeunes hommes avec des sacs à dos, qui marchent vite pour ne pas attirer l'attention", explique cette salariée du CCAS de Paris, le centre communal d'action social.
Aurélia, l'une des bénévoles, regrette de ne pas pouvoir compter tout le monde, entre les tentes qu'on laisse fermer et les sans-abris mobiles.
De notre côté, il faut attendre une bonne heure et demie pour croiser les premiers sans-abris vraiment installés pour la nuit. Ils sont sous un pont, et ils dorment visiblement. Les bénévoles ne les réveillent pas, c'est la règle mais remplissent une fiche. Plus loin on tombe aussi sur des tentes, avec des chaussures juste à l'entrée, des abris de fortune avec des pieds qui dépassent. On ne dérange personne et on compte un SDF par abri mais peut-être qu'ils sont plusieurs. On ne le saura pas.
Alexandre, jeune bénévole de 19 ans, a maintenant envie de s'engager plus pour aider les sans-abris.