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Société DOSSIER : Au cœur de la ZUP de Nîmes Pissevin

Au coeur de la ZUP : voir l'avenir à Pissevin

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Par , France Bleu Gard Lozère

France Bleu Gard Lozère donne la parole aux habitants de Pissevin à Nîmes. "Les élus sont bons à être dans leur bureau et c'est tout!" pour Nicole, 75 ans.

Le marché de la place Debussy a été déplacé début mars.
Le marché de la place Debussy a été déplacé début mars. © Radio France - Leïla Méchaouri

Pissevin, Nîmes, France

Pissevin, un quartier à l'ouest de Nîmes. A la fois proche géographiquement et très loin des préoccupations du centre. Une ville dans la ville de 13.000 personnes. Des Nîmois à part entière. Pourtant, ces habitants se sentent abandonnés. Enclavés. Très peu d'entre eux croient au projet de réhabilitation de Pissevin. Ils en parlent au micro de France Bleu Gard Lozère, presque de manière fataliste. Malgré tout, ces hommes et ces femmes revendiquent leur lien indéfectible avec ce quartier dans lequel ils ont grandi.

Grand oublié du programme de rénovation urbaine ANRU 1, Pissevin est un quartier en transition. Avec l'ANRU 2, il sera au cœur du projet. Un objectif affiché par la municipalité : redorer l'image de ce quartier. La convention qui sera signée en juin prochain pour 5 ans doit en valider les grands principes. 

L'ANRU 2, ce sera d'abord la démolition de 330 logements délabrés (les bâtiments Bassano ou Delacroix notamment). Ce sera aussi la destruction des terrasses et des passerelles : lieux d'insécurité et de trafics pour les uns, lieux de vie pour les autres. Ce sera la volonté de rapprochement de deux ZUP à la fois proches et ennemies : Valdegour au nord et Pissevin au sud. A cela viendra s'ajouter la ligne de trambus T2 pour desservir ce quartier enclavé.  

L'ANRU 2 représente un investissement lourd pour la ville de Nîmes : 50 millions d'euros sur 5 ans pour trois quartiers (Pissevin-Valdegour, Chemin bas d'Avignon et Mas de Mingue). La municipalité attend un engagement fort de l'Etat, dont la participation est fixée pour l'instant à 35%. Au total, Nîmes espère débloquer 100 millions d'euros de budget pour l'ANRU 2.

La refonte de la place Debussy

Une place en particulier va profondément être transformée : la place Debussy où se situe la galerie Wagner. Elle est aujourd'hui le cœur du quartier de Pissevin. Là où se tenait depuis des décennies le marché chaque mercredi. Depuis le début du mois de mars, il doit être déplacé  à la place Goethe pour une durée indéterminée, en raison des travaux de la ligne de trambus T2. Une place plus petite, d'où l'impossibilité pour la moitié des commerçants du marché de s'installer désormais. Ces derniers refusent de déballer. Fin mars, ils ont bloqué le boulevard Kennedy en signe de protestation et ont déposé deux référés devant le tribunal administratif.

"On s'en moque du trambus! Si on nous enlève le marché, on n'a plus rien! " - Nicole, 75 ans

"C'est presque leur bouée de sauvetage, la respiration du mercredi des habitants. Et vous leur enlevez ça !" - Abdeslam

La fin du marché Debussy provoque colère et incompréhension de la part des habitants, très dubitatifs quant à la réhabilitation de leur quartier. 

"On va droit dans le mur!", lâche Abdeslam, qui a grandi à Pissevin.

Avec l'ANRU 2, la galerie Wagner sera détruite. Les commerçants ne savent pas quand exactement. Épiceries, boucherie, cafés, pharmacie... La mairie rachète en ce moment environ 60% des murs de ces commerces, mais elle ne les aidera pas tous à se réinstaller ailleurs. 

"Bientôt, on va mettre les gilets jaunes ! - Mohamed Karrim, commerçant de la galerie Wagner