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Au cœur du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Golfech

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Par , France Bleu Occitanie

Quelque 1.500 ouvriers travaillent sur le chantier de maintenance du réacteur numéro 1 de la centrale de Golfech dans le Tarn-et-Garonne. Coup d’envoi de travaux titanesques sur cinq ans qui doivent prolonger la durée de vie de la centrale et améliorer sa sécurité.

La piscine du bâtiment du réacteur n°1  de la centrale de Golfech  avec la cuve ouverte
La piscine du bâtiment du réacteur n°1 de la centrale de Golfech avec la cuve ouverte - @photo EDF

C’est un prélude aux grands travaux qui vont commencer à la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne. On l’appelle le "grand carénage", un toilettage de la centrale qui va entièrement être remise à niveau. 

Avec un coût d'un milliard d’euros sur cinq ans, le chantier est le plus important du parc nucléaire français, pour prolonger de 20 ans la durée de vie de la centrale. Déjà, le réacteur n°1 est à l’arrêt depuis un mois et demi pour des travaux de maintenance, 1.500 salariés y participent.  Selon Sylvain Vidal, le délégué régional d'EDF en Occitanie, il s'agit "d'améliorer la sûreté" de la centrale, et d'en assurer la longévité.

193 barres d'uranium sorties du réacteur

Le chantier est une véritable fourmilière. Depuis que l’un des deux réacteurs de la centrale a été mis à l’arrêt le 10 août dernier, ce sont un millier d’agents EDF et 250 salariés d’entreprises sous-traitantes qui travaillent ensemble sur les travaux de maintenance, six fois plus que d’habitude à la centrale de Golfech qui est déjà l’un des premiers employeurs du département. 

Visite au cœur du chantier de la centrale de Golfech

Une grosse machine de 30 tonnes, la MSDG , la "machine à serrer et desserrer les gougeons" a été utilisée pour déboulonner la soixantaine de gros boulons , et retirer le couvercle du réacteur. On a ensuite sorti les 193 barres d’uranium qui ont été plongées dans la piscine de 10 mètres de fond du bâtiment des combustibles. 

"Ici, il y a plus de 690 alvéoles, on a toujours la place pour mettre à minima l’équivalent de ce qui est contenu dans le cœur du réacteur" explique Thierry Angelin, le directeur adjoint de la centrale, sur le balcon de cette piscine aux reflets bleutés. "L’épuisement du combustible fait qu’au fur et à mesure, il dépense moins d’énergie, il est moins efficace. À chaque arrêt du réacteur, on renouvelle un tiers de ces barres d’uranium, ce qui fait qu’au bout de trois ans, on a renouvelé un cœur de réacteur complet".

La turbine de l'alternateur du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Golfech
La turbine de l'alternateur du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Golfech © Radio France - Olivier Lebrun

On profite de l’arrêt du réacteur pour contrôler la turbine, on a sorti le rotor de l’alternateur qui pèse plus de 200 tonnes.

Notre objectif prioritaire est de nous assurer que le réacteur fonctionne d’une manière la plus sûre possible. 

"Nous réalisons quelque 10.000 contrôles dans la partie nucléaire et dans la partie non nucléaire. Cela peut être le contrôle d’un instrument, d’un capteur, l’inspection de l’épaisseur d’une tuyauterie, un test de pompe."

Sur le chantier, des ouvriers de nombreuses entreprises partenaires d’EDF, parfois locales, dont les compétences spécifiques sont reconnues dans tout le parc nucléaire français.

Les leçons de Fukushima

Dans le futur "Grand Carénage" qui doit remettre à niveau la centrale pour les vingt ans qui viennent, « des groupes frigorifiques plus importants vont être mis en place pour faire face aux vagues de chaleur. Le contrôle commande va être entièrement revu, tout le système qui permet de suivre les paramètres de l’installation et qui est retransmis en salle de commandement. Nous allons passer en commandes numériques, c’est un gros chantier important pour la sécurité de la centrale » explique Thierry Angelin.

Pendant les travaux de maintenance, le réacteur n°2 de la centrale de Golfech continue de fonctionner
Pendant les travaux de maintenance, le réacteur n°2 de la centrale de Golfech continue de fonctionner © Radio France - Olivier Lebrun

On tire aussi les leçons de la catastrophe de Fukushima au Japon.

"Après Fukushima, nous avons renforcé nos moyens d’alimentation électrique. Nous avons cinq systèmes d’alimentation électrique différents normaux et de secours par unité de production. L’enseignement de Fukushima, ça a été de dire que même si les cinq systèmes d’alimentation électrique tombent en panne, malgré tout, ça peut arriver quand même. On a donc construit un bloc diesel d’ultime secours de 4 mégawatt qui est capable de fonctionner pendant 72 heures, le temps que la Force d’Action Rapide du Nucléaire vienne nous porter assistance. »

Autre précaution, une peau en fibre composite a été tendue sur les parois intérieures du bâtiment du réacteur pour éviter tout risque de fuite radioactive.

Recadrage après une série de dysfonctionnements

Il y a un an , après plusieurs dysfonctionnements, l’Agence de sûreté nucléaire avait tiré la sonnette d’alarme, jugeant "très mauvais" le fonctionnement de la centrale. Dans son rapport, le gendarme du nucléaire avait notamment relevé "un manque de rigueur systémique et des insuffisances dans les analyses des risques". 

Un robinet mal fermé avait notamment provoqué une baisse du niveau de l’eau dans un réacteur. Depuis, des efforts ont été fait pour ramener le niveau de sécurité à Golfech, assure Thierry Ancelin, le directeur adjoint de la centrale. "Nous avons mis en place un certain nombre d’actions avec nos salariés et ceux des entreprises sous-traitantes pour relever notre niveau de sûreté, de relever la rigueur dans la réalisation de nos activités. Nous avons formé le personnel, nous avons développé les entraînements juste avant les opérations à risque. C’est un ensemble d’actions identifiées par les équipes qui sont en mesure de donner confiance dans la sûreté de l’installation."

Thierry Ancelin - sous directeur de la centrale de Golfech

Un "resserrage de boulons" engagé par le nouveau directeur de la centrale Cyril Hisbacq. Mais il y a un problème de pyramide des âges à la centrale de Golfech. En six ans, la moitié des salariés ont été remplacés par des jeunes. La "culture du nucléaire" ne se transmet pas si facilement.

Les deux réacteurs de la centrale de Golfech produisent la moitié de l’électricité de la région Occitanie. Le reste, c’est du courant vert provenant des barrages, du solaire ou des éoliennes.

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