Société

Au lycée Suger, la violence ne retombe pas

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région lundi 26 septembre 2016 à 19:37

La grille d'entrée du lycée Suger de Saint-Denis
La grille d'entrée du lycée Suger de Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Trois semaines après l'agression d'un surveillant au lycée Suger de Saint-Denis, et après deux semaines de grève, les cours ont repris mais la violence aux abords du lycée redouble d'intensité. Une réunion était organisée ce lundi en mairie pour évoquer la sécurité dans le quartier du Franc-Moisin.

Au lycée Suger de Saint-Denis, l'événement a empêché la rentrée de se dérouler normalement. Le 5 septembre dernier, un surveillant, seul à la grille, était agressé. Immédiatement après les enseignants et les personnels ont fait grève pendant deux semaines pour demander un doublement des effectifs de surveillants, qui s'élèvent actuellement à 7,5 postes. L'éducation nationale a annoncé un poste supplémentaire. Insuffisant pour les grévistes, mais les cours ont repris mardi 20 septembre, après deux semaines de mouvement, "pour ne pas pénaliser davantage les élèves" expliquent les professeurs.

"De plus en plus d'élèves qui se font agresser"

Depuis la reprise des cours, la situation ne s'est pas arrangée, selon les élèves et les professeurs. "Il y a de plus en plus d'élèves qui se sont agresser, prendre à part dans les rues à côté du lycée", raconte cet élève qui veut rester anonyme pour des raisons de sécurité et qui explique que beaucoup d'élèves réfléchissent à quitter l'établissement. Une élève de BTS a d'ailleurs abandonné sa scolarité la semaine dernière. "L'image de ce lycée est ternie, les familles ont tendance à dire qu'elles n’emmènent pas leur enfant ici" s'inquiète encore ce professeur

Devant le lycée Suger, les problèmes de violence ne sont pas réglés. Rémi Brancato

Alors ce lundi, un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) pour le quartier du Franc-Moisin se tenait en mairie de Saint-Denis. L'instance, qui regroupe des représentants de l'Etat, de la police, de l'Education nationale, des élus de la ville, des représentants associatifs et des parents d'élèves, se réunit régulièrement mais la réunion a été organisée exceptionnellement en raison de la situation aux abords du lycée.

"On attend encore des réponses"

A la sortie, Nadia Boussa, représentante FCPE des parents d'élèves est sceptique : "à part nous dire qu'il va y avoir un peu plus de police aux abords du lycée, c'est plus une réunion sur le constat qu'autre chose". "En terme de concret, je suis resté sur ma faim (...) on attend encore des réponses" regrette-t-elle. "C'est un premier rendez-vous et il doit y en avoir d'autres sur la construction de solutions pour enseigner dans un climat serein au quartier du Franc-Moisin" temporise de son côté David Proult, adjoint au maire de Saint-Denis en charge de l'enseignement. Les professeurs du lycée Suger, qui regrettent de ne pas avoir été convié à la réunion, se réunissent ce mardi à 11 heures pour éventuellement décider de nouvelles actions à mener.

"Qu'est ce qu'on fait maintenant?" demande Nadia Boussa, représentante FCPE des parents d'élèves