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Au nouveau musée de la résistance et de la déportation : la mémoire retrouvée de Marie et Jean Vaislic

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Par , France Bleu Occitanie

A 90 ans, ce couple de Toulousains rescapé des camps de la mort a accepté de témoigner pour les générations futures dans le fond mémoriel du musée départemental de la résistance et de la déportation qui vient de rouvrir ses portes.

Marie et Vaislic, rescapés toulousains des camps de la mort. Ils témoignent à 90 ans, pour que leur parole ne s'éteigne pas.
Marie et Vaislic, rescapés toulousains des camps de la mort. Ils témoignent à 90 ans, pour que leur parole ne s'éteigne pas. © Radio France - Olivier Lebrun

Un lieu de mémoire à redécouvrir. Après 18 mois de travaux, le musée départemental de la résistance et de la déportation vient de rouvrir ses portes à Toulouse.  Le musée, créé en 1974 par d’anciens résistants et déportés toulousains qui y exposent leurs souvenirs, dispose désormais de  1 000 m² d'exposition. On peut y voir une collection unique de 10 000 objets et documents sur la période de l’occupation, souvent collectés par d'anciens résistants déportés, dès la fin de la guerre. Certains sont fragiles comme ces tenues de déportés, des drapeaux, des armes, des appareils de transmission et d’espionnage. 

mitraillette Sten, calibre 9mm, dans les vitrines du musée de la résistance et de la déportatio.
mitraillette Sten, calibre 9mm, dans les vitrines du musée de la résistance et de la déportatio. © Radio France - Olivier Lebrun

Et surtout de très nombreux témoignages recueillis auprès des survivants des camps et de la résistance, précieux pour les générations futures. 400 classes sont accueillies chaque année sur ce lieu de mémoire désormais ouvert au grand public, dans une scénographie entièrement revisitée.

Le témoignage des enfants cachés

Le musée a pu reconstituer l'histoire des 160 enfants juifs déportés depuis la Haute-Garonne entre 1940 et 1942. 

Foyer des enfants juifs de l'OSE installé à l'ancien siège de la Gestapo à Toulouse en 1945
Foyer des enfants juifs de l'OSE installé à l'ancien siège de la Gestapo à Toulouse en 1945 - @collection particulière DR

Une vrai course contre la montre est engagée pour recueillir les témoignages des survivants explique Catherine Monnot-Berranger, responsable de la médiation culturelle au Musée de la Résistance. « Nous avons la chance d’avoir encore des survivants aujourd’hui, qui parfois témoignaient pour la toute première fois à 95 ans passé. Une source extrêmement précieuse pour l’histoire et pour la transmission, un outil pour l’avenir. Les témoignages des enfants juifs cachés sont particulièrement poignants, parce ce que souvent ces enfants cachés ont échappé à la déportation alors que leurs familles ont été emportées par l’histoire, déportés pour ce qui est de Toulouse la plupart du temps vers Auschwitz et n’en sont pas revenus. Ces enfants déracinés ont du se reconstruire totalement, mais ont malgré tout avancé, ils ont un regard malgré tout positif sur la vie, ils pensent que la solidarité existe parce qu’ils ont été cachés, parce ce qu’ils ont été sauvés. Ils veulent nous donner cet espoir en l’avenir, de croire qu’on peut toujours arriver à faire du mieux, à construire, et à tendre la main vers l’autre, même dans des périodes aussi noires. »

L'historienne Catherine Monnot-Berranger "Une course contre la montre pour recueillir la parole des survivants"

La scénographie entièrement revue au musée de la résistance et de la déportation
La scénographie entièrement revue au musée de la résistance et de la déportation © Radio France - Olivier Lebrun

Marie et Jean ont décidé de témoigner à 90 ans.

Le musée a collecté, filmé et enregistré les témoignages précieux des derniers rescapés des camps de la mort, comme celui de Marie et Jean Vaislic tous les deux déportés en 1944, elle depuis Toulouse, lui depuis la Pologne. 

Arrêtée le 25 juillet 1944 à Toulouse, puis déportée vers Ravensbruck, c’est au seuil de ses 90 ans que Marie Vaislic  accepte enfin de témoigner de ce qui lui est arrivé pour les générations futures.

Marie et Jean Vaislic , rescapés des camps de la mort, ils témoignent pour les futures générations
Marie et Jean Vaislic , rescapés des camps de la mort, ils témoignent pour les futures générations © Radio France - Olivier Lebrun

J’ai été arrêtée et déportée à l’âge de 14 ans. 

"De Toulouse, nous sommes partis dans un convoi de wagons à bestiaux. Heureusement pour nous, nous ne sommes pas allés à Auschwitz, sinon je ne serai pas là entrain de vous parler. Nous sommes allés à Ravensbruck. »

Marie Vaislic "si nous ne leur racontons pas, personne ne dira ce que nous avons vu"

Mais alors, pourquoi avoir attendu autant de temps pour témoigner, lui demande-t-on ? « Pourquoi j’ai attendu ? Parce qu’au départ, quand nous sommes revenus, tous les déportés ont voulu témoigner, parler de ce que nous avions vu pendant tout ce temps, qui était une chose inimaginable. Et justement, personne ne nous croyait. Aujourd’hui, j’ai pris conscience de la vie qui avance, nous ne sommes pas éternels. Et puis, il y a la nouvelle génération, _certains ne savent même pas ce que signifie le mot Shoah_. Pourquoi nous le faisons, parce que j’espère que plus tard, ils se rappelleront des paroles que nous avons dites. Si nous, nous ne leur racontons pas, personne ne pourra dire ce que nous avons vécu, ce que nous avons vu surtout. » 

Une phrase de Luci Aubrac sur le parvis du musée départemental de la résistance et de la déportation
Une phrase de Luci Aubrac sur le parvis du musée départemental de la résistance et de la déportation © Radio France - Olivier Lebrun

Jean Vaislic, son mari d’origine polonaise a lui aussi hésité longtemps à parler de sa déportation. Il a été sauvé du camp de la mort grâce à un camarade boulanger qui travaillait pour les SS du camp, et qui lui amenait chaque jour un petit bout de pain. Il montre le numéro tatoué sur son bras. Lui qui a perdu 60 membres de sa famille pendant la guerre s’est retrouvé seul à la libération. Il a refait sa vie à Toulouse, a trouvé son épouse Marie. « Je parle aujourd’hui, parce que je me rend compte avec le temps qui est passé, et surtout avec le temps qui me reste, je réalise que si tu le dis pas, personne ne témoignera à ma place de ce qui s’est passé là-bas. »

Marie et Jean Vaislic rescapés des camps de la mort témoigneront ce Jeudi soir 27 Janvier  lors d'une table ronde à 20h30 au Musée de la résistance et de la déportation.

Le musée est ouvert au public 

Le Musée départemental de la résistance et de la déportation fête sa réouverture avec cinq jours de manifestations et de conférences autour de la transmission.

Il est ouvert au public du mardi au samedi, de 10 à 18h , 52 allées des Demoiselles. L'entrée est gratuite.

Une exposition temporaire de la photographe Germaine Chaumel retrace la vie quotidienne à Toulouse pendant l'occupation

messages laissés par les réfugiés sur les murs du Capitole - Mai -Juin 1940
messages laissés par les réfugiés sur les murs du Capitole - Mai -Juin 1940 - Photo Germaine Chaumel - fonds Martinez Chaumel
La drôle de guerre, septembre 1939
La drôle de guerre, septembre 1939 © Radio France - Photographie Germaine Chaumel. Fonds Martinez-Chaumel.
Pétain en visite à Toulouse
Pétain en visite à Toulouse - Photographie Germaine Chaumel. Fonds Martinez-Chaumel.
A la libération , un républicain espagnol assure la circulation à Toulouse sur la place Esquirol
A la libération , un républicain espagnol assure la circulation à Toulouse sur la place Esquirol - Photographie Germaine Chaumel. Fonds Martinez-Chaumel.
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