Société

Au Pays basque, les éducateurs de rue menacés de licenciement

Par Nathalie Bagdassarian, France Bleu Pays Basque mardi 13 septembre 2016 à 17:33

Pierre Lavigne et Christelle Eyheramouno, tous deux éducateurs de rue dans le quartier Saint Esprit de Bayonne.
Pierre Lavigne et Christelle Eyheramouno, tous deux éducateurs de rue dans le quartier Saint Esprit de Bayonne. © Radio France - Nathalie Bagdassarian

Les 11 éducateurs de rue du Pays Basque sont inquiets. Le Département des Pyrénées-Atlantiques a décidé de baisser les subventions à l'association qui les embauche. La moitié des postes pourraient être supprimés. En ce mois de septembre, ils font circuler une pétition et manifestent.

Ce sont la moitié des postes qui sont menacés de disparaître avant la fin 2016. Ils sont actuellement 11 éducateurs spécialisés dans la prévention. On les appelle les "éducateurs de rue". Ils sillonnent depuis des années les quartiers en difficultés de Bayonne et de Boucau. Un travail "silencieux et invisible"  mais "indispensable"  ajoutent-ils. Aujourd'hui, ils se demandent quel sera leur avenir.Ils s'attendent d'un jour à l'autre à recevoir leur lettre de licenciement.

Près de la moitié des subventions supprimées

Le département des Pyrénées-Atlantiques a réduit de 40% ses subventions aux associations qui travaillent dans la Prévention spécialisée . Deux sur quatre sont concernées dans le département dont Labo-APSP, une association basque qui dépend de la fédération Léo Lagrange. La baisse de 40% sera étalée sur 2 ans. Le département explique ses économies en raison "d'un contexte budgétaire tendu, notamment au regard de la baisse constante des dotations d’Etat".

Des travailleurs de l'ombre

Les éducateurs de rue ont du mal à comprendre ces nouvelles réductions de subventions. Déjà, en janvier dernier, deux assistantes sociales de l'association ont été licenciées après la fermeture des LRA (lieux de rencontres et d'accompagnement), des centres d'accueil pour les bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active).

Les éducateurs de rue vont chaque jour à la rencontre des jeunes en difficulté et de leur famille. "A l'heure où le gouvernement parle de "radicalisation",  nous sommes les premiers maillons de la prévention" explique Christelle Eyhérémouno, éducatrice de rue depuis 15 ans dans le quartier Saint Esprit de Bayonne.

On peut penser qu'en maintenant un lien avec des jeunes qui tiennent des discours inquiétants, ça limitera le risque de basculer — Christelle Eyheramouno

Christelle Eyheramouno, éducatrice de rue, craint que des quartiers entiers soient abandonnés.

Réponse du Conseil départemental : "Concernant « l’abandon prétendu » de territoires d’intervention, le Département en tant que porteur de la compétence de prévention spécialisée entend n’abandonner aucun territoire : il appartient à l’Association LABO APSP de proposer des modalités concrètes à cet effet."

Les éducateurs de rue ont manifesté le 10 septembre à Bayonne et  font circuler une pétition sur internet.