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Société

Aubigny sur Nère : la vie continue pour les blessés de guerre

mercredi 13 juin 2018 à 18:54 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

80 militaires, tous blessés de guerre ou dans le cadre de leur métier, se relayent par petits groupe dans le Cher depuis le début du mois de juin au centre régional jeunesse et sports d'Aubigny sur Nère et au Creps de Bourges.

On peut tirer à l'arc avec un seul bras, la preuve !
On peut tirer à l'arc avec un seul bras, la preuve ! © Radio France - Michel Benoit

Aubigny-sur-Nère, France

Une habitude puisque c'est la 7éme année que l'armée décide de venir en Berry pour les rencontres militaires blessures et sports.  Une étape importante pour ces blessés, parfois gravement atteints, que le sport aide à se reconstruire. Certains sont traumatisés par ce qu'ils ont vécu, d'autres amputés ou paraplégiques : on dénombre 5.300 blessés pour la seule armée de terre depuis 2010. 

Les rencontres militaires blessures et sports se déroulent pour la septième fois dans le Cher - Radio France
Les rencontres militaires blessures et sports se déroulent pour la septième fois dans le Cher © Radio France - Michel Benoit

Ce stage de cinq jours fait partie du pack sportif qui leur est proposé dans le cadre de leur parcours de reconstruction, explique le colonel Antoine Brulé, chef de la cellule d'aide aux blessés de l'armée de terre : " Avec le handicap qui survient, on imagine parfois qu'on n'est plus capable de rien faire.  Eh bien, ils vont découvrir que certains sports peuvent être pratiqués avec un handicap. Il y a quelques jours on a fait du basket-fauteuil avec une personne mal-voyante, une vraie découverte."

C'est avec ses molaires que ce militaire, blessé à un bras, apprend à tirer à l'arc. - Radio France
C'est avec ses molaires que ce militaire, blessé à un bras, apprend à tirer à l'arc. © Radio France - Michel Benoit

Cet après-midi, trois militaires découvrent le tir à l'arc : l'un a sauté sur une mine dans son véhicule, l'autre, légionnaire est paraplégique après avoir été emporté par une avalanche dans les alpes, le dernier, souffre d'une hémiplégie à un bras après un accident de la route avec un véhicule militaire. Alexis, qui n'a que vingt ans, n'aurait jamais imaginé pouvoir tirer à l'arc avec un seul bras : " Et en plus avec les dents !" C'est en effet avec la bouche que Alexis bande la corde de l'arc : " C'est une expérience intéressante. C'est la vie et il faut se reconstruire pour avancer. J'aime faire du sport parce que ça évacue la pression et l'angoisse. Ce matin, on a fait de la piscine. j'ai donc nagé avec un seul bras et je me suis vraiment bien débrouillé. J'envisage de m'inscrire à un triathlon." 

Ce légionnaire s'essaie au tir à l'arc. Il envisage une affectation dans un bureau dès que possible. - Radio France
Ce légionnaire s'essaie au tir à l'arc. Il envisage une affectation dans un bureau dès que possible. © Radio France - Michel Benoit

Une euphorie qu'il faut aussi canaliser détaille le docteur Michel Vion, médecin militaire : " Le sport peut les porter, l'esprit de groupe durant ces rencontres aussi. Mais parfois, une fois rentré à l'hôpital ou chez soi, le soufflé peut retomber, il faut être vigilant là-dessus." C'est pour cela que chaque arme propose une cellule d'accompagnement pour ses blessés, notamment sur le plan administratif pour préparer la reconversion professionnelle. S'il ne peut pas rester dans l'armée, Alexis a réfléchi à une autre orientation : " J'aimerais devenir coach sportif pour valides et invalides. j'ai fait huit ans de musculation. ca devrait être possible. c'est vrai que le plus dur pour moi, c'est d'avoir perdu mon métier." A titre indicatif, 75 % des blessés de l'armée de terre sont réintégrés dans leur unité d'origine.