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Société

TEMOIGNAGES - Que pensent les victimes d'accidents de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h ?

jeudi 28 juin 2018 à 4:35 Par Jonathan Landais, France Bleu Berry et France Bleu

France Bleu Berry s'est rendu au centre de rééducation de l'hôpital d'Issoudun dans l'Indre pour demander aux victimes d'accidents de la route leur avis sur l'abaissement de la vitesse à 80 km/h.

Le centre de rééducation dispose à l'année d'une capacité de 132 lits ou places en accueil de jour.
Le centre de rééducation dispose à l'année d'une capacité de 132 lits ou places en accueil de jour. © Radio France - Jonathan Landais

Issoudun, France

Ils ont tous été victimes d'accidents de la route et ils sont tous très partagés sur l'abaissement de la vitesse à 80 km/h. L'un a fini sa course dans un arbre en Sologne après avoir fait un malaise, un autre a percuté un poteau électrique après s'être assoupi au volant en rentrant du travail, une troisième était à moto sur l'autoroute quand son ami a perdu le contrôle sous un épisode de grêle...

132 lits ou places en accueil de jour

A l'occasion de la matinale spéciale de France Bleu Berry sur les 80 km/h, trois berrichons, soignés depuis leur accident au centre de rééducation de l'hôpital de la Tour Blanche à Issoudun, nous disent ce qu'ils pensent de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. Le Centre de Soins de Suite et de Réadaptation de l'hôpital d'Issoudun dispose à l'année d'une capacité de 132 lits ou places en accueil de jour.

Sylvain, 32 ans, Menetou-Salon

C'était il y a un an, en avril 2017. Sylvain, ouvrier viticole dans le Sancerrois, rentre du travail au volant du Renault Trafic de sa société sur la route de Morogues dans le Cher, une route de campagne en ligne droite. Il s'assoupit et va percuter un poteau électrique. Il restera un mois dans le coma à l'hôpital de Tours, il est aujourd'hui tétraplégique. 

Sur les routes dangereuses, pourquoi pas..."

Sylvain, 32 ans, ouvrier viticole dans le Sancerrois - Radio France
Sylvain, 32 ans, ouvrier viticole dans le Sancerrois © Radio France - Jonathan Landais

"J'ai récupéré mes bras mais pas totalement mes mains, et j'ai une perte totale de mes deux jambes". La vitesse n'était pas en cause lors de son accident. _"_Les gendarmes ont estimé que je roulais à 50 km/h (...) je suis un peu mitigé sur l'abaissement à 80 km/h... après si ça peut y faire sur des endroits bien dangereux, pourquoi pas", estime Sylvain.

"Toute personne a sa responsabilité, je suis un peu mitigé"

Ophélie, 22 ans, Mehun-sur-Yèvre

C'était en mars dernier, un samedi soir, sur une autoroute de l'ouest de la France, du côté de Cholet dans le Maine-et-Loire. Ophélie était passagère d'une moto que conduisait son ami, "modèle africa twin". "La visibilité n'était pas bonne, il y avait de la grêle, on a doublé un camion de pompier qui intervenait déjà sur un accident, et puis _on a eu un sur-accident_". Son ami s'en sort indemne, mais elle a été grièvement blessée.

Depuis mon accident, mon papa ne fait plus de moto"

Ophélie, 22 ans, originaire de Mehun-sur-Yèvre - Radio France
Ophélie, 22 ans, originaire de Mehun-sur-Yèvre © Radio France - Jonathan Landais

Ophélie est restée vingt jours dans le coma à l'hôpital de Poitiers avec un traumatisme crânien, des lésions au cerveau et une fracture au coude. "Depuis mon accident, mon papa, qui est motard, a beaucoup changé, il n'a plus sa moto et _il fait beaucoup plus attention aux vitesses_, mais moi je pense que les 80 km/h ça ne changera rien, avec les camions les gens seront encore plus énervés", déclare-t-elle.

"L'abaissement ne changera rien, avec les camions les gens seront encore plus énervés"

Gérald, 46 ans, Brinon-sur-Sauldre

C'était au mois de janvier. Gérald circule sur une route de campagne entre Salbris et Saint-Viâtre, dans le Loir-et-Cher, au volant d'un 4x4 Mitsubishi. "J'ai fait un malaise et je suis allé percuter un arbre, il n'y a que ça en Sologne le long des routes". Cet ancien agriculteur maraîcher a passé deux mois dans le coma à l'hôpital d'Orléans, il est aujourd'hui paralysé des deux jambes.

On ferait mieux de vérifier ceux qui conduisent les voitures"

Gérald, 46 ans, ancien agriculteur maraîcher - Radio France
Gérald, 46 ans, ancien agriculteur maraîcher © Radio France - Jonathan Landais

Dans l'accident, Gérald a eu une vertèbre cassée sur la moelle épinière. "Rouler à 80 km/h, ça aurait changé quoi ?" s'interroge-t-il. "Je vois qu'on essaye de tout changer, mais je me demande si on change vraiment les bonnes choses, à la place de vérifier la vitesse, on ferait mieux de vérifier ceux qui conduisent les voitures, je trouve que _les conduites sont de plus en plus mauvaises_".

"Même à 80 km/h j'aurais fini dans nos belles forêts de Sologne"

>>> Vous pouvez réécouter le reportage de deux minutes en immersion dans le centre de rééducation diffusé ce jeudi matin en cliquant ici.