Société

Audiovisuel public : la redevance augmentera d'un euro

Par Germain Arrigoni, France Bleu dimanche 13 septembre 2015 à 18:20

© Max PPP

Le gouvernement a fait savoir dimanche que la piste d'un retour de la publicité après 20 heures sur la télévision publique a été écarté. Il a privilégié une hausse d'un euro de la redevance en 2016 pour trouver de nouvelles ressources.

Après plusieurs semaines de réflexion, le gouvernement a tranché : il n'y aura pas de publicité après 20h sur les chaînes de France Télévision pour renflouer l'audiovisuel public, mais une hausse limitée de la redevance et une augmentation de la contribution des fournisseurs d'accès à internet, déjà contestée par le plus important d'entre eux, Orange.

Pas de retour de la pub après 20h

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, la ministre de la Culture Fleur Pellerin a annoncé que le gouvernement avait choisi au terme d'un arbitrage interministériel de plusieurs semaines de ne pas réintroduire la publicité après 20h sur les chaines publiques et d'augmenter légèrement la redevance.

"J'ai proposé que la redevance (136 euros actuellement, NDLR) reste limitée à l'inflation (...). La hausse sera donc contenue à 1 euro seulement en 2016. C'est la plus faible augmentation depuis 2008", a déclaré la ministre. Cette annonce devrait soulager les médias privés qui avaient fait un intense lobbying la semaine passée contre le retour de la pub dans la soirée sur France Télévisions.

"La redevance augmentera d’un euro" - Fleur Pellerin

Pour renflouer le budget des chaines publiques, le gouvernement a choisi de taxer les entreprises en augmentant, "à la marge, la taxe que paient les opérateurs d'accès à Internet", tels qu'Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, "qui passera de 0,9% de leur chiffre d'affaires à 1,2%", a indiqué Fleur Pellerin.

Le secteur des télécoms taxé

Cette "taxe Copé" payée par les opérateurs de télécoms avait été instaurée en 2009 sous la présidence Sarkozy pour financer France Télévisions, en compensation de la suppression de la publicité après 20h.

Les opérateurs télécoms l'avaient contestée jusque devant la Cour européenne, mais sans succès. Cette augmentation a donc été très mal reçue par le premier d'entre eux, Orange, dont le PDG Stéphane Richard dénonce une "forme de mépris" pour l'industrie des télécoms qui est une fois de plus "prise pour une vache à lait".