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Société

A Aulnay-sous-Bois, un mois après Théo : "je n'ai pas envie que ça finisse comme aux States ici"

jeudi 2 mars 2017 à 5:10 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Un mois après l'interpellation violente d'un jeune de 22 ans, le calme est revenu mais les habitants dénoncent toujours des rapports tendus avec la police. Reportage dans une salle de sport du quartier du Gros Saule, voisin de la cité des 3000.

Dans une salle de sport du quartier du Gros Saule, à Aulnay-sous-Bois.
Dans une salle de sport du quartier du Gros Saule, à Aulnay-sous-Bois. © Radio France - Rémi Brancato

Aulnay-sous-Bois, France

Dans cette salle de sports le groupe de copains d'une trentaine d'années s'exerce et discute de l'affaire Théo. "Il va bien, je prends des nouvelles par ses amis, sa famille, il faut le laisser tranquille, pour qu'il se repose" raconte cet habitant de la cité des 3000. Un mois après les violences subies par le jeune homme lors de son interpellation dans le quartier (quatre policiers sont mis en examen, dont un pour viol), le sujet hante toujours les discussions.

"Je n'ai pas envie que ça finisse comme aux States ici, on n'est pas en Amérique"

"C'est calme en apparence" estime Houssine, 33 ans, qui habite le Gros Saule depuis toujours. "Dans une émission de télévision, j'ai vu quelqu'un qui disait que quand on fait une tentative de suicide ratée c'est pour attirer le regard : quand les gens brûlent, c'est pareil, c'est pour qu'on s'intéresse à eux", ajoute-t-il, évoquant les échauffourées dans certains quartiers suite à l'interpellation de Théo.

"C'était pire en 2005", estime Houssine

Et le message que veulent faire remonter ces trentenaires, il concerne surtout l'institution policière et les agents qui interviennent dans le quartier : "qu'ils ne prennent pas des gens qui peuvent se permettre de faire des choses comme ça", demande simplement Jacques : "je n'ai pas envie que ça finisse comme aux States ici" conclut-il. Depuis un mois l'attention médiatique et politique a été braquée sur Aulnay. Ce qu'il en ressortira? "Si un bon politicien arrive à être président et s'intéresse vraiment aux banlieues, peut être que ça changera quelque chose" se prend à espérer Houssine.

"Il y a encore des braises" estime le maire d'Aulnay

En attendant, le calme est revenu dans la cité, qui a connu quelques nuits d’échauffourées. "C'était pire en 2005" se souvient Houssine. "Le message de Théo et de sa famille d'appel au calme a été entendu", renchérit Bruno Beschizza, le maire (LR) d'Aulnay-sous-Bois, qui assure que la ville est restée plus calme que d'autres communes de banlieue. Mais "c'est comme un feu de forêt, bien évidemment, il y a encore des braises", ajoute-t-il, estimant n'être "pas encore sorti de la crise".

Bruno Beschizza : "bien évidemment il y a encore des braises"

En tout cas, Faridh Ghassouli, responsable de l'association du quartier du Gros Saule, voit son travail auprès de jeunes se compliquer quelque peu depuis un mois : "on leur explique que tous les policiers ne sont pas comme cela, qu'ils sont là pour les protéger avant tout, mais pour eux il y a une défiance de la police donc une défiance du système".

Dans le quartier du Gros Saule, le calme est revenu, mais l'inquiétude persiste. Rémi Brancato

"Quartier(s) dream" : des témoignages de jeunes filmés avant l'affaire Théo

Ce thème, des films qui seront diffusés la semaine prochaine dans la cité des 3000 (voir ci-dessous), l'abordent directement. Le projet "Quartier(s) Dream" met en scène des habitants, essentiellement jeunes, d'Aulnay-sous-Bois, face caméra, pour évoquer l'amour, la religion, la famille, ou encore la police. On les entend raconter les relations compliquées entretenues avec les forces de l'ordres. Des témoignages, recueillis l'an passé, qui résonnent avec beaucoup d'acuité depuis un mois. "C'était prémonitoire", estime Faridh Ghassouli.

Le projet "Quartier(s) Dream" résonne tout particulièrement ces dernières semaines à Aulnay. Rémi Brancato

Karim Yazi, qui a monté ce projet avec sa compagnie Kygel Théâtre, travaille sur la question des banlieues depuis les émeutes de 2005. "'C'est désespérant car mis à part la rénovation urbaine, la question sociale n'a pas été traitée, il y a un taux de chômage hallucinant dans ces quartiers et tant qu'on n'aura pas travaillé sur cette question-là, cela n'avancera pas" estime-t-il. D'ici l'an prochain, il projette de monter des ateliers vidéo et théâtre avec les jeunes d'Aulnay-sous-Bois, à partir des témoignages recueillis dans les films.

EN SAVOIR PLUS| "Quartier(s) Dream", un projet de la compagnie Kygel Théâtre. Une projection, suivie d'un débat, est prévue mercredi 8 mars, à 9h30 au Nouveau Cap, la salle de concert, 56 rue auguste Renoir à Aulnay-sous-Bois .