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Société

Loiret : Avant la réforme, la ruée des automobilistes dans les centres de contrôle technique

jeudi 17 mai 2018 à 19:11 Par Etienne Escuer, France Bleu Orléans

Une réforme du contrôle technique doit entrer en vigueur dimanche. Depuis plusieurs semaines, les automobilistes se précipitent dans les centres, par peur des nouveautés de la réforme.

Cyrille Foucault doit contrôler entre 30 et 40 véhicules par jour, deux fois plus que d'habitude.
Cyrille Foucault doit contrôler entre 30 et 40 véhicules par jour, deux fois plus que d'habitude. © Radio France - Etienne Escuer

Loiret, France

Dès la semaine prochaine, les contrôles techniques seront un peu plus longs : 133 points de contrôle, contre 123 actuellement. Une nouvelle catégorie de défauts est créée : les défaillances critiques. Il y en aura 127, le véhicule devra subir une contre-visite dans les deux mois et ne sera plus autorisé à circuler à partir du lendemain du contrôle. Le prix du contrôle technique devrait également augmenter.

Les centres obligés de refuser des véhicules, faute de temps

A Saran, au centre Sécuritest, Michel est venu pour prendre un rendez-vous. Son véhicule doit passer au contrôle technique avant le mois d'octobre. Pas d'urgence, donc, mais la réforme lui fait peur. "Ce qui me gène, ce sont les histoires d'immobilisation du véhicule", explique-t-il. "Si on me dit que ma voiture ne peut pas rouler et doit rester au garage, ça me coince." Pour lui, pas de rendez-vous possible dans ce centre. Le téléphone du gérant, Cyrille Foucault n'arrête pas de sonner. Il est obligé de refuser près d'une vingtaine de clients par jour. "Je contrôle des véhicules que j'ai passé il y a neuf mois", déplore-t-il. Conséquence, "des gens prennent la place de ceux qui ont vraiment besoin d'un contrôle technique".

Depuis un mois et demi, Cyrille Foucault contrôle entre 30 et 40 véhicules tous les jours, soit deux fois plus que d'habitude. "Les gens ont peur. On leur explique qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter mais ils n'ont pas confiance", confie le gérant du centre de contrôle.

Les défaillances critiques concernent 2 à 3% des véhicules

La réforme est due à une uniformisation voulu par l'Union Européenne. Concrètement, le nombre de défauts potentiels sur votre véhicule va augmenter : de 410, il bondit à 610, répartis en trois catégories. Les deux premières catégories existaient déjà. Il y a les défaillances mineures, qui n’entraînent pas de contre-visite, et les défaillances majeures, qui nécessitent une contre-visite dans les deux mois. S'ajoutent aujourd'hui des défaillances critiques, au nombre de 127. Là aussi, le véhicule doit subir une contre-visite dans les 2 mois, mais surtout, il ne pourra plus circuler à partir du lendemain et sera considéré en défaut de contrôle technique. En cas de non-respect, le conducteur s'expose à une amende de 135€.

Cette nouveauté fait peur aux automobilistes, mais "nous parlons vraiment de situations critiques", explique Bernard Bourrier, du Conseil National des Professions de l'Automobile. "Des pneus lisses ou des grosses fêlures du pare-brise qui gênent profondément la vision du conducteur, par exemple." Les défaillances critiques ne devraient pas concerner plus de 2 à 3% des véhicules, estime Bernard Bourrier. Plusieurs de ces défaillances critiques sont d'ailleurs faciles à repérer : des pare-chocs qui menacent de tomber, aucun feu de stop qui ne fonctionne, un siège conducteur mal fixé ou encore une fuite de liquide de frein. Un passage chez un garagiste avant le contrôle peut également permettre d'éviter une mauvaise surprise, rappelle l'association Prévention Routière, qui aurait souhaité qu'un contrôle technique moto voit également le jour prochainement. "Les accidents de motos représentent le quart des tués sur la route", rappelle Bernard Kaminski, son directeur régional. "On parle vaguement de 2022 pour un contrôle technique moto, mais c'est dans quatre ans..."

Une réforme "de bon sens" selon Pierre Chasseray, de 40 millions d'automobilistes

Le prix du contrôle technique va-t-il augmenter ?

Le prix du contrôle technique n'est pas fixé par la loi, mais par les centres de contrôle eux-mêmes. Il est aujourd'hui de 63 euros en moyenne. Plus de points de contrôle veut dire plus de temps passé sur un véhicule, et plus de défaillances potentielles, c'est aussi plus de contre-visites. S'il est favorable à cette réforme, le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, note tout de même cet aspect négatif : "Cette nouvelle réforme va demander 10 à 20% de temps supplémentaire du contrôleur sur le véhicule. Je pense que la moyenne nationale va être une hausse de 10 euros." La réforme aura toutefois le mérite "de sortir du parc des véhicules potentiellement extrêmement dangereux. Pour ceux qui entretiennent leur véhicule, pas de panique, tout passera comme avant." Du côté de l'association Prévention Routière, 

Les automobilistes doivent tout de même s'attendre à des évolutions du contrôle technique dès le 1er janvier 2019, avec de nouvelles normes en matière de pollution, notamment pour les véhicules diesel.