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"Avenir lycéen" : les syndicats dénoncent l'organisation, accusée de soutenir Jean-Michel Blanquer

Les syndicats lycéens sont vent debout ce samedi après de nouvelles accusations visant "Avenir lycéen", une organisation accusée de soutenir le ministre de l'Education. La France insoumise réclame elle une commission d'enquête parlementaire.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale © Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Ils dénoncent une "propagande d'Etat" et une tentative "d'étouffer" la contestation dans l'Education : les syndicats lycéens sont vent debout ce samedi contre "Avenir lycéen", après de nouvelles accusations visant l'organisation de jeunesse. Elle est soupçonnée de défendre des positions pro-gouvernementales, et d'être téléguidée par le ministère.

Une organisation pilotée par le ministère de l'Education ? 

Libération a publié une longue enquête ce samedi. Le quotidien assure qu'Avenir lycéen, créé en 2018, est piloté par l'entourage proche de Jean-Michel Blanquer "pour servir la communication du ministre", et surtout rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens opposés à ses réformes, notamment celle du bac.

S'appuyant sur de nombreux témoignages, l'article affirme que le numéro 2 du ministère à l'époque, Jean-Marc Huart, aujourd'hui recteur de l'académie de Nancy-Metz, était étroitement lié aux responsables d'"Avenir lycéen" et que des rectorats participaient à l'écriture de communiqués du syndicat, systématiquement favorables aux réformes gouvernementales. Contacté par l'AFP, le ministère n'a pas souhaité faire de commentaires.

Au début du mois, une première enquête de Mediapart révélait qu'"Avenir lycéen" avait reçu 65.000 euros de subventions publiques en 2019. Des subventions qui auraient été englouties en frais de bouche et autres dépenses dans des hôtels de luxe. Ce samedi, le site d'information a également soutenu, mail à l'appui, qu'un cadre du ministère avait été informé dès juillet 2020 des dérapages financiers de l'organisation, sans qu'aucune enquête ne soit alors diligentée.

Un "dévoiement total de la cause syndicale"

Dans un communiqué publié ce samedi, la Fidl, un syndicat lycéen, se dit "estomaquée" et dénonce "un dévoiement total de la cause syndicale", "une insulte faite aux jeunes dont le ministère aurait organisé l'étouffement de la parole face à des réformes du bac et du lycée catastrophiques". Le syndicat demande à Jean-Michel Blanquer de saisir la justice.

Le syndicat MNL voit lui dans "Avenir lycéen", "une entreprise politique n'ayant pas hésité à manipuler certains de nos jeunes camarades lycéens (...) afin de servir les intérêts du ministre".

Quant à l'UNL, elle a annoncé une plainte après les premières révélations de Mediapart, et accuse le ministre d'avoir "instrumentalisé de toute pièce une prétendue opposition au mouvement de contestation qui s'était monté contre lui".

Le syndicat enseignant Snes-FSU réagit également à la polémique : "Ces premiers éléments sont graves et touchent aux fondements même de la démocratie et aux valeurs de la République". "Devant la gravité des faits incriminés, toute la transparence doit être faite, et s’ils étaient avérés, des mesures à la hauteur devraient être prises", souligne l'organisation dans un communiqué.

Une enquête administrative ouverte

Après les premières révélations de Mediapart, le ministère avait diligenté une enquête administrative sur les subventions accordées à "Avenir lycéen". Il s'était alors défendu, auprès de l'AFP, de tout favoritisme en assurant que ce syndicat faisait partie des organisations "représentatives". "Pour le moment, la subvention de 30.000 euros prévue au titre de 2020 n'a pas été versée", avait-il par ailleurs souligné.

Des élus La France Insoumise et communistes ont réclamé dès vendredi soir une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire.

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