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Société

Aveyron : les Anglais de Najac dans le flou du Brexit

mercredi 13 mars 2019 à 21:45 Par Sandrine Morin, France Bleu Occitanie

Najac est une des communes d'Aveyron qui compte le plus d'Anglais. Des britanniques attentistes et dépités à deux semaines de la sortie théorique de l'Union Européenne.

Najac en Aveyron est un des villages préférés des Anglais en France.
Najac en Aveyron est un des villages préférés des Anglais en France. © Radio France - SM

Aveyron, France

Plus que 15 jours. Dans 15 jours, la grande Bretagne quittera l’Union Européenne. Et pour le moment, personne ne sait dans quelle condition. La dernière proposition d’accord a été refusée. Un flou qui inquiète beaucoup la communauté anglaise d’Occitanie.  C’est le cas notamment  dans le village de Najac en Aveyron. Une charmante commune médiévale de 700 habitants qui est le village préféré des Anglais en Midi-Pyrénées.  Elle est arrivée 12ème dans le top 20 des destinations préférées des Anglais en France en 2017. Plusieurs dizaines de foyers britanniques y vivent à l’année ou dans des résidences secondaires.  

"Catastrophe"

Chris notamment est là depuis quelques années. Très en colère contre le Brexit. Il pense qu’il devra rentrer dans quelques mois, en cas de Brexit dur.  "C’est comme vous dites une "catastrophe".  C’est très mauvais. Mais moi j’ai 65 ans, donc pour moi c’est fini.  Mais c’est pour la génération de me enfants que c’est plus compliqué. Tout va changer… absolument tout. On avait le droit d’aller dans 27 pays. Il y avait des accords avec l’hôpital. Mais ça ce sera fini. J’ai un fils qui vit au Etats-Unis, et lui il doit payer. Il prend une assurance et il paie. Et ce sera pareil ici. On ne peut attendre que les français payent pour le britanniques. Comme continuer à vivre, comment continuer à jouer quand on ne connait pas le règles qui vont être appliquées. C’est la catastrophe. _Ma vie est en train de changer. J’aimerais garder un pied-à-terre ici mais je ne suis pas sûr de pouvoir le faire. C’est vraiment le bordel._

Gareth et Zéda devant leur boutique à Najac.  - Radio France
Gareth et Zéda devant leur boutique à Najac. © Radio France - SM

"être en France, c'est bon pour nous mais c'est aussi bon pour la France." 

En tout cas, ils ont beau habiter loin de leur île, depuis Najac, ils suivent de près tous les rebondissements politiques autour de la sortie de l'UE. Et si certains sont rentrés en Angleterre, Caroline, Zéda et Gareth continuent de tenir bon" wait and see" semblent-ils dire. Pour le moment, les conséquences sont minimes mais Caroline s’effraie de tout ce qu’elle pourrait ne plus pouvoir faire à l'avenir. "Est-ce que j'aurais encore le droit de tenir une chambre d'hôte. Je ne suis pas sûre que le gouvernement soit d'accord."  Mais Gareth veut croire que son pays d’adoption sera reconnaissant "Etre en France, c'est bon pour nous mais c'est aussi bon pour la France. Pour l'économie des petits villages et de campagne."

En tout cas Fabienne, la boulangère de la commune, est inquiète. "Nous pourrions perdre nos clients. S'il n'y pas d'accord, beaucoup vont vouloir rentrer. Vendre leur maison". 

En France il y a environ 400.000 britanniques. Après la région parisienne et la nouvelle Aquitaine, c’est en Occitanie qu’ils sont le plus nombreux. En 2018, le nombre de demande de naturalisation a explosé avec + 300 % environ.