Société

Avord : l'exercice d'accident nucléaire se poursuit durant deux jours

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mardi 1 décembre 2015 à 20:22

l'arrivée d'un blessé sur la chaine de décontamination
l'arrivée d'un blessé sur la chaine de décontamination © Radio France - Michel Benoit

La base 702 d’Avord vit au rythme d’une simulation d’accident nucléaire : un camion de pompier a percuté un avion rafale chargé d’ogives nucléaires. Bilan : six blessés dont deux graves. Voilà pour le scénario.

Les 2.500 militaires de la base ont été consignés dans leurs bureaux, les enfants des écoles d’Avord, Savigny en Septaine et Farges en Septaine bloqués dans leurs classes durant toute la matinée. Un exercice nucléaire national qui implique directement environ 500 militaires dont des dizaines de spécialistes venus de toute la France. L’ennemi dans ce genre d’accident, ce sont les poussières radioactives d’uranium ou de plutonium à éliminer en plus des soins à apporter aux blessés. L'arme : la douche tout simplement. L'eau pour évacuer les poussières. Ensuite, les soins pourront commencer. Mais si les particules radioactives sont entrées dans l'organisme par les plaies notamment, l'armée dispose d'une parade : une injection de DTPA. Cet antidote concentre l'uranium ou le plutonium dans l'organisme. Les particules sont ensuite éliminées dans l'urine. D'après le docteur Bruno, médecin chef de la base d'Avord, le risque de développer ensuite une pathologie est quasiment nul. Pas de pastille d’iode pour les populations car les missiles ne contiennent pas d’iode radioactif, à l’inverse des centrales nucléaires. Pour le commandant de la base, le colonel Kuzniak, les accidents ne sont pas de même nature.

On évalue la radio activité sur le blessé - Radio France
On évalue la radio activité sur le blessé © Radio France - Michel Benoit

La base d'Avord dispose également de huit tentes de décontamination sommaire. Les personnes ayant pu être exposées aux poussières (selon le sens du vent) y sont admises : leurs vêtements y sont aspergés d'eau pour emprisonner les particules, et seront détruits. En échange, ces personnes reçoivent du linge de corps et ressortent en survêtement.

l'hôpital de Bourges dispose aussi d'une chaine de décontamination - Radio France
l'hôpital de Bourges dispose aussi d'une chaine de décontamination © Radio France - Michel Benoit

Un exercice qui se poursuit jusqu'à mardi soir, le temps d'évaluer l'efficacité des procédures. Une quarantaine d'observateurs indépendants sont basés au poste de commandement avancé. Les gendarmes de l'air, notamment sont chargés d'enquêter sur les responsabilités sous l'autorité judiciaire. Aucune route n'a été coupée pour cet exercice, les populations n'ont pas été confinées. La base d'Avord subit ce genre d'exercice tous les trois ans environ.