Société

Babouse, dessinateur à Charlie Hebdo : "J'ai toujours une sensation étrange"

Par Eric Turpin, France Bleu Nord mercredi 6 janvier 2016 à 12:01

La Une de Charlie Hebdo, un an après les attentats de Paris
La Une de Charlie Hebdo, un an après les attentats de Paris © Maxppp

Le 7 janvier 2015, Babouse aurait du être dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo. Le dessinateur, originaire de Boulogne-sur-Mer, garde une "sensation étrange" un an après l'attaquante sanglante du journal satirique. Il était l'invité de France Bleu Nord ce mercredi.

Babouse aurait dû être dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo aux côtés de Charb, Tignous, Cabu, et Wolinski le 7 janvier 2015. Le dessinateur, originaire de Boulogne-sur-Mer avait annulé au dernier moment à cause d'un rendez-vous chez le médecin.  

Un an après l'attentat contre Charlie Hebdo, qui a fait 11 victimes, Babouse évoque « une sensation étrange »". Il a le sentiment que « ce n'est toujours pas réglé » dans sa tête. 

Numéro spécial

Le dessinateur, âgé de 43 ans, collabore toujours avec Charlie Hebdo. Il a envoyé deux dessins pour le numéro qui parait ce mercredi, sans savoir s'ils figurent à l'intérieur. « Je ne savais pas qu'il y avait un numéro spécial il y a encore une semaine. Le bouclage a été avancé de deux jours, je n'étais pas au courant », précise Babouse. 

La une de Charlie Hebdo l'a fait rire. « C'est un gag », affirme-t-il, _« c'est aussi rappeler l'antagonisme de certains fanatiques, qui veulent forcer à coup de kalachnikov à vivre dans la Paix et l'Amour,  à suivre les _préceptes d'un Dieu qui ne serait que bonté mais au nom duquel, quelque soit la religion, on a commis pas mal de massacres ».  

L'esprit Charlie

Babouse donne sa définition de l'esprit Charlie : « Pour moi, c'est être ouvert, tolérant, laïc. Non pas antireligieux mais respecter toutes les croyants, y compris les athées. C'est pouvoir rire de tour. C'est aussi la fraternité »

Un an après les attentats, l'esprit Charlie a-t-il disparu ? « Toutes les cérémonies qu'on est en train de faire, c'est trop ! J'ai peur de l’écœurement », lance le dessinateur de 43 ans. « Est-ce que ce n'est pas aussi politique pour faire durer un était de grâce ? Ça me gêne un peu », ajoute-t-il. 

Le dessinateur Babouse interrogé par Antoine Sabbagh

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