Société

Bellocq : une femme se retrouve deux ans sans eau pour une facture impayée de 141 €

Par Najat Essadouki, France Bleu Béarn et France Bleu mercredi 7 septembre 2016 à 17:08

Depuis la loi Brottes de 2013 il est illégale de coupeau l'eau pour factures impayées
Depuis la loi Brottes de 2013 il est illégale de coupeau l'eau pour factures impayées © Maxppp - Maxppp

Pendant plus de deux ans, une habitante de Bellocq, près d'Orthez, a vécu sans eau courante. Avec l'aide de la fondation France-Libertés, cette béarnaise a réussi à faire condamner le distributeur pour des coupures d'eau illégales, a-t-on appris ce mercredi.

Pendant plus de deux ans, c'était le système D pour une habitante de Bellocq. De janvier 2014 à mai 2016, elle a dû vivre sans eau courante. Pour des factures non payées, la Saur (Société d'aménagement urbain et rural) lui a coupé l'eau. Elle a dû se débrouiller en achetant des bouteilles d'eau ou en se rendant chez des amis pour pouvoir se laver. Après des réclamations, des courriers restés sans réponse, sa nièce a contacté la fondation France-Libertés pour l'aider à porter l'affaire devant la justice.

Elle devait 141 euros au moment où la Saur a décidé de lui couper l'eau et la coupure a duré deux ans. — Maître Alexandre Faro

« C'est un cycle infernal pour les usagers » raconte Maître Alexandre Faro

"C'est une situation schizophrénique. Elle faisait le nécessaire pour essayer de payer en plusieurs fois sa dette, mais l'abonnement continue à courir durant la coupure, auquel il faut ajouter les pénalités" déplore l'avocat de l'usagère de Bellocq. En mai dernier, dès son assignation en justice, la Saur a rétabli l'eau chez l'habitante de Bellocq. Le tribunal administratif de Versailles a condamné le distributeur d'eau pour coupure illégale, a annoncé l'association France Libertés ce mercredi. La Saur doit payer 2.000 € de dédommagement. Une décision prise cet été.

 Pendant deux ans elle ne pouvait pas vivre normalement  

"Elle a été meurtrie pendant deux ans de ne pas pourvoir vivre normalement chez elle, raconte Emmanuel Poilane le directeur de la fondation France-Libertés. Cette association qui vient en aide aux victimes a recueilli plus de 1 000 témoignages de situations semblables partout en France. Ce n'est malheureusement pas un cas isolé, quand les distributeurs d'eau se trouvent en face de personnes en grandes difficultés qui n'arrivent pas à payer leurs factures, ils coupent l'eau et les oublient tout simplement. Il faut que ces entreprises comprennent qu'on n'est pas à l'âge de pierre et qu'on ne peut pas simplement utiliser la force et la violence pour régler ces problèmes".

Le directeur de la Fondation France-Libertés dénonce la violence de ces coupures d'eau