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Société

Bergerac : la Caf suspend ses aides aux centres sociaux ouverts plus tard pendant le ramadan

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Périgord, France Bleu

Pendant le ramadan, les centres sociaux de Naillac et La Catte à Bergerac sont ouverts plus tard. Une mesure "d'ordre public" pour le maire de la ville. Une atteinte au principe de laïcité pour le directeur de la Caf de Dordogne. Il a décidé de suspendre les subventions qui vont aux centres sociaux.

Le centre social Germaine Tillon dans le quartier de Naillac est ouvert plus tard le soir.
Le centre social Germaine Tillon dans le quartier de Naillac est ouvert plus tard le soir. © Radio France - Benjamin Fontaine

Polémique à Bergerac. En fin de semaine dernière, le maire, Daniel Garrigue a reçu un courrier de la Caisse d'allocations familiales qui l'a fait bondir de son siège. Dans cette lettre, le directeur, Michel Beylot l'informe qu'il suspend l'agrément et les financements octroyés par la Caf à la maison de quartier de la Brunetière, dans le quartier de La Catte et "Germaine Tillon" dans celui de Naillac. Deux quartiers prioritaires où la population musulmane est importante.

Des agents volontaires pour assurer les ouvertures

La Caf reproche à la ville d'ouvrir ces centres jusqu'à 1h du matin pendant la période du ramadan. Une rupture devant les principes de neutralité et de laïcité. "Je ne comprends pas cette décision," assure le maire Daniel Garrigue. Selon lui, il ne s'agit que d'une simple mesure d'ordre public. "Pendant cette période, les gens mangent plus tard et sortent plus tard en soirée. Ça posait parfois des problèmes de tapages nocturnes. On a donc choisi d'ouvrir ces lieux pour éviter les tensions et permettre à ces gens, souvent jeunes de jouer aux cartes ou autre," explique l'élu. 

"C'est comme ci il ne devait rien se passer pendant Noël parce que c'est une fête religieuse," - Daniel Garrigue

Une ouverture plus tardive assurée par les agents de la ville, volontaires et payés en heures supplémentaires. "Le souci c'est que nous n'avons pas d'association disponible sur le secteur de La Catte. Il faut aussi rappeler qu'en temps normal le centre ouvre déjà deux à trois par semaine jusqu'à 22h." Selon le maire, parmi les usagers des centres, certains seraient pratiquants, mais d'autres ne font pas le jeûne. "La religion n'a rien à voir avec cela. On s'adapte aux habitudes des gens durant cette période. C'est comme si on décrétait qu'il ne devait rien se passer à Noël parce que c'est une fête religieuse." 

300.000 euros à perdre

L'an dernier, la Caf avait déjà alerté la ville sur ces ouvertures nocturnes. Après les "menaces" elle est passée à l'acte. Une médiation doit avoir lieu ce mardi 5 juin à la préfecture pour tenter de trouver une entente. Le maire de Bergerac pourrait porter l'affaire en justice s'il venait à perdre les 300.000 euros qui sont alloués chaque année pour ces centres sociaux. De son côté, le directeur de la caisse, Michel Beylot, espère trouver un compromis "en bonne intelligence." En cas d'accord, il pourrait revenir sur sa décision.

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