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Société

Bientôt des abattoirs mobiles pour les petits éleveurs du Luberon

mardi 12 mars 2019 à 6:46 Par Lila Lefebvre, France Bleu Vaucluse et France Bleu

Un projet d'abattoir mobile est à l'étude dans le Luberon. Son but : répondre au manque d'abattoirs de proximité dans le Vaucluse, mais également à une aspiration éthique des éleveurs et des consommateurs. Des expérimentations devraient débuter en 2019.

Agneaux d'élevage.
Agneaux d'élevage. © Maxppp - Julio PELAEZ

Saint-Saturnin-lès-Apt, France

En 15 ans, dix abattoirs ont fermé en Vaucluse, un casse-tête pour les petits éleveurs souvent obligés de faire plusieurs heures de routes pour amener leurs bêtes. Pour répondre à leurs besoins, L'INRA, le parc naturel régional du Luberon, le réseau Biocoop, la Conférédation paysanne ainsi que la coopérative agricole étudient un projet d'abattoirs mobiles qui se déplaceraient directement sur les exploitations. 

Ils pourraient prendre la forme de camions ou de boxes que l'on déplace de fermes en fermes.  Catherine Jossier est déjà prête à l’accueillir sur son élevage de brebis et d'agneaux à Viens. "Nous avions choisi ce terrain car il y avait un abattoir à 15 minutes, celui de Saint-Saturnin-lès-Apt, mais aujourd'hui il ne prend plus en charge les ovins alors nous devons faire deux heures de route."

47% des éleveurs de Vaucluse ont une petite exploitation comme Catherine et le système des grands abattoirs ne correspond pas à leurs besoins. "Souvent nous devons renoncer à des commandes, par exemple un restaurant scolaire ou un particulier qui nous demandent un demi-agneau parce que nous ne pouvons pas faire un trajet pour un nombre limité de bêtes", déplore Catherine. 

C'est surtout l'éthique qui encourage Catherine à s'investir dans ce projet d'abattoir mobile. "Souvent les clients nous demandent où ont été abattues nos bêtes, ils sont étonnés quand je leur dis que c'est à deux heures de route". Elle qui vend ses produits localement supporte de moins en moins bien ce grand détour dans le circuit court qu'elle promeut. 

"Je pense que ce serait mieux que les bêtes soient avec moi jusqu'au bout. Mieux pour elles et mieux pour nous."

Choquée par les révélations récentes sur des pratiques inhumaines dans certains abattoirs, elle veut maintenant être pleinement actrice de la vie de ses animaux, de la naissance à la mort. "Avant je préférais ne pas penser à ce qui se passait dans l'abattoir, aujourd'hui je pense que ce serait mieux que les bêtes soient avec moi jusqu'au bout. Mieux pour elles et mieux pour nous." 

Transparence

"Le producteur pourra ainsi prévenir ses clients du jour de l'abattage s'ils souhaitent vérifier que l'abattage se fait dans les règles". Pour la sociologue Jocelyne Porcher qui travaille sur les abattoirs de proximité depuis plus de 15 ans, les abattoirs mobiles peuvent aussi être la réponse au souci grandissant dans la société française de transparence sur la mise à mort des bêtes. "Même les associations pourraient être présentes."