Société

Bikini déconseillé pour une sortie piscine : des élus crient au communautarisme

Par Victoria Koussa, France Bleu Provence et France Bleu mercredi 3 août 2016 à 22:42 Mis à jour le jeudi 4 août 2016 à 12:02

Enfant dans un parc aquatique (illustration)
Enfant dans un parc aquatique (illustration) © Maxppp -

Une association des quartiers nord de Marseille a privatisé un parc aquatique des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), pour une sortie en famille prévue en septembre. Sur l'invitation, le "dress code" est précisé : bikini interdit, mais burkini autorisé. Plusieurs élus locaux de droite s'indignent.

C'est une invitation qui enflamme les réseaux sociaux : celle de l'association de femmes Smile 13, pour une sortie de groupe prévue en septembre au Speed Water Park des Pennes-Mirabeau, un parc aquatique privatisé pour l'occasion.

Sur l'invitation Facebook de l'événement, organisé par cette association socio-culturelle sportive et d'entraide pour femmes et enfants des quartiers nord de Marseille, il est stipulé que le bikini n'est pas conseillé, alors que le burkini, lui, est autorisé :

"Bien entendu, il y aura des maître nageur hommes, c'est la raison pour laquelle l'association à négocié afin qu'exclusivement le parc autorise la baignade en burkini. (...) Par ailleurs, je compte sur vous pour respecter la awra et donc de ne pas venir en 2 pièces."

Arrêté municipal interdisant la sortie

Michel Amiel, le maire sans étiquette des Pennes-Mirabeau, veut interdire l'événement et annonce avoir pris "un arrêté municipal interdisant cette manifestation sur la commune au motif qu'il est susceptible de troubles à l'ordre public."

"Je suis choqué et en colère, s'indigne l'élu. Je considère cet événement comme une provocation dont on n'a pas besoin dans le contexte actuel. C'est du communautarisme pur et dur."

Vives réactions chez des élus de droite

C'est la députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer qui a la première relayé l'information sur Twitter. "Accepter cette soi-disant mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays, mais c'est aussi une question de dignité de la femme", explique t-elle dans un communiqué.

Stéphane Ravier, sénateur-maire Front national des 13e et 14e arrondissements de Marseille, s'est, lui aussi, empressé de réagir. Dans un communiqué intitulé "Fini le vivre ensemble", il fustige "le silence assourdissant et complice des Républicains et de la gauche." Il a annonce vouloir prendre un arrêté d'interdiction "au motif qu'il est susceptible de troubles à l'ordre public", a-t-il dit.

Des réactions disproportionnées, selon l'association

L'association qui organise la sortie piscine ne comprend pas ces réactions. Mélissa Tivé, la trésorière de Smile 13, ne comprend pas l'ampleur que prend une simple sortie dans un cadre privé : "C'est totalement disproportionné parce qu'on privatise un lieu privé."

"On n'a pas à entrer dans la vie privée des gens. Les femmes qui portent le voile ou qui ne le porte pas, mais qui veulent respecter un minimum de pudeur, elles ne peuvent pas le faire toute l'année. Elles ne pourront le faire que ce jour-là. Les gens voient de la méchanceté et de la radicalisation partout."

"Je ne suis pas voilée donc je ne vois pas où ils vont chercher des extrêmes", insiste-t-elle. Face à la polémique l'association n'est pas certaine ne maintenir l'événement.

Des commentaires ouvertement islamophobes 

De nombreux internautes ont également saisi l'occasion pour exprimer leur islamophobie en publiant sur le mur Facebook de l'association des photos de porcs portant le voile et des commentaires haineux, qui peuvent être punis par la loi.