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Black Lives Matter : Awa Yombounaud devient la porte-parole du collectif en Sarthe

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Par , France Bleu Maine
Le Mans, France

Le mouvement antiraciste parti des Etats-Unis, réactivé par la mort George Floyd, le 25 mai 2020, a désormais son implantation sarthoise. Un collectif Black Lives Matter 72 vient d'être créé et veut se monter en association. Awa Yombounaud, une Mancelle de 32 ans, est sa porte-parole.

Awa Yombounaud (à droite) avait aidé des adolescents à organiser la première manifestation Black Lives Matters au Mans, le samedi 6 juin.
Awa Yombounaud (à droite) avait aidé des adolescents à organiser la première manifestation Black Lives Matters au Mans, le samedi 6 juin. © Radio France - Clémentine Sabrié

Black Lives Matter - la vie des noirs compte - aussi au Mans et en Sarthe. Après deux manifestations antiracistes en deux semaines, un collectif s'est créé. La première journée de mobilisation, le samedi 6 juin 2020, avait rassemblé près de 2.000 personnes, dont beaucoup de jeunes. La porte-parole du collectif Black Lives Matter 72 est Awa Yombounaud, une Mancelle de 32 ans très impliquée dans la vie associative locale. 

Chaque ville doit se sentir concernée, pas seulement la capitale.

Elle était invitée de la matinale de France Bleu Maine, du vendredi 19 juin, à la veille d'une nouvelle mobilisation. Un rassemblement est prévu, à partir de 14h30, place de la République, au Mans, samedi 20 juin. 

"Ce n'est pas du communautarisme de vouloir vivre ensemble, égaux"

Awa Yombounaud salue la participation massive de la jeunesse au mouvement antiraciste. Elle compte sur les réseaux sociaux pour faire passer le message et répondre aux prises de position du gouvernement. Dimanche 14 juin, lors de son allocution, Emmanuel Macron a abordé les sujets des violences policières et du racisme. Le président de la République a condamné un certain "communautarisme" dans la lutte antiraciste en France. Un combat qu'il estime récupéré par des "séparatistes". Pour Awa Yombounaud, "ce n'est pas du communautarisme de vouloir vivre ensemble, égaux". Elle rappelle que lors de la première manifestation "sur les 2.000 personnes, il ne [lui] semble pas que c'était 2.000 Noirs"

Cette habitante du quartier populaire des Sablons suit la ligne d'Assa Traoré, la sœur d'Adama Traoré, mort lors de son interpellation il y a quatre ans. "Peu importe d'où tu viens, peu importe qui tu es, peu importe ton appartenance religieuse, peu importe ton [orientation] sexuelle, personne ne doit rester spectateur de la mort, d'une violence raciale ou d'une violence sociale", scandait Assa Traoré à la manifestation antiraciste parisienne du 2 juin. Selon Awa Yombounaud, il est essentiel que tout le monde se joigne au combat. Si une personne blanche ne réagit pas, cela veut dire qu'elle "accepte que les personnes [racisées] ne soient pas traitées de la même manière".

Si Awa Yombounaud n'a pas subi de violences policières directes, elle dénonce les comportements "les petites phrases racistes" venant de la police, de ses anciens professeurs ou encore des commerçants. Ce racisme ordinaire dont "on ne se rend même pas compte, parce qu'on grandit avec et au final, on ne le relève même plus", souligne la porte-parole.

Le Ministre de l'intérieur ne va pas assez loin dans la sanction du racisme

Le mouvement Black Lives Matter vient des Etats-Unis, où il dénonce les violences policières systémiques envers les personnes noires. Il a été réactivé après la mort de George Floyd, étouffé par un policier lors de son interpellation, le 25 mai dernier. Un événement qui a secoué jusqu'à la jeunesse sarthoise.

Il y aura un avant et un après George Floyd.

En France, les vidéos de violences policières racistes se multiplient sur les réseaux sociaux. Dernier exemple en date, l'interpellation d'une femme enceinte à la gare d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, mardi 16 juin. Elle a reconnu avoir mordu un agent. Ces derniers l'ont ensuite plaquée au sol, sur le ventre alors qu'elle leur avait signifié sa grossesse. Le ministre de l'Intérieur avait d'abord annoncé que les membres des forces de l'ordre soupçonnés de racisme seraient suspendu automatiquement, le 6 juin. Christophe Castaner est revenu sur ses propos deux jours plus tard, affirmant finalement que seuls les faits avérés seraient sanctionnés. "Ce n'est pas suffisant parce qu'il faut encore pouvoir prouver la violence", s'agace Awa Yombounaud. Elle estime que les petites phrases et les comportements racistes insidieux de certains agents seront difficiles à dénoncer.

Le collectif Black Lives Matter 72 veut se monter en association pour préserver "son choix de ne pas appartenir à un mouvement politique". "On réclame juste l’égalité et c’est pas normal qu’on doive descendre dans la rue la réclamer", explique sa porte-parole, Awa Yombounaud.

Ecoutez l'interview d'Awa Yombounaud, porte-parole du collectif Black Lives Matter sarthois, en podcast.

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