Société

Bordeaux : des militants CGT s'inquiètent de l'avenir de l'hôpital militaire Robert-Picqué

Par Olivia Cohen, France Bleu Gironde mercredi 15 avril 2015 à 1:48

Personnels soignants et militants veulent alerter les Bordelais
Personnels soignants et militants veulent alerter les Bordelais © Radio France

Une vingtaine de personnes, délégués syndicaux et infirmiers, se sont rassemblés ce mardi après-midi devant l'Agence régionale de santé d'Aquitaine, à Bordeaux, pour alerter autorités sanitaires et population locale sur l'avenir incertain de l'hôpital militaire Robert-Picqué, où 50 postes parmi le personnel soignant sont menacés.

Infirmiers, délégués syndicaux de la CGT, membres du CHU de Bordeaux venus soutenir leurs collègues. Ils étaient une vingtaine, aux portes de l'ARS d'Aquitaine , dans le centre-ville, ce mardi après-midi. L'Agence les a convoqués pour une réunion de concertation. Les manifestants ne sont pas dupes. Bernadette, infirmière à la retraite, glisse à l'issue de la réunion : 

"Ils nous ont fait venir, car on commence à s'agiter un peu trop à leur goût."

Le motif de cette agitation ? La suspension du plan Bahia, qui devait permettre la fusion de deux établissements bordelais : l'hôpital militaire Robert-Picqué et la clinique Bagatelle. Au sein de l'hôpital militaire, qui dépend du ministère de la Défense, 50 postes sont menacés.

Le but de la fusion était de maintenir dans ces établissements des soins médicaux de qualité et néanmoins accessibles. Cette suspension inquiète : les personnels soignants des deux structures craignent une dégradation de l'offre hospitalière. Aux yeux du CHU de Bordeaux, si l'activité de Robert Picqué devait diminuer, ce serait autant de travail supplémentaire pour eux, et les services y sont déjà surchargés.

Julien Ruiz, responsable CGT Gironde , faisait partie de la délégation : "Soit tu as l'argent pour te faire soigner dans une clinique privée coûteuse, soit tu dois attendre des mois et des mois parce que les hôpitaux publics de la métropole bordelaise sont saturés. La suspension du plan Bahia, c'est certainement la conséquence du projet de loi santé de Marisol Touraine, qui prévoit la suppression de 22.000 emplois dans les hôpitaux d'ici 2017."

SON manif hôpitaux

Pour le moment, aucune autre solution n'a été proposée pour remplacer le plan Bahia. Bernadette se souvient, pensive : "Il y a dix ans, l'hôpital Robert-Picqué était très apprécié des Bordelais, car on était rapidement pris en charge, c'était un endroit un peu avant-gardiste : à l'époque, c'était l'un des rares hôpitaux de Bordeaux à être suffisamment équipé en IRM. Le délai d'attente pour les rendez-vous était seulement de huit jours. Alors que ça prenait beaucoup plus de temps ailleurs."

Après la réunion, pas de calendrier, ni de mesures concrètes prises par l'ARS en Aquitaine - Radio France
Après la réunion, pas de calendrier, ni de mesures concrètes prises par l'ARS en Aquitaine © Radio France - Olivia Cohen