Société

À Bordeaux, le combat de parents d'élèves pour huit familles de demandeurs d'asile

France Bleu Gironde jeudi 17 octobre 2013 à 18:03

L'entrée de l'école maternelle Anatole France, quartier Mériadeck, à Bordeaux
L'entrée de l'école maternelle Anatole France, quartier Mériadeck, à Bordeaux © Radio France

L'expulsion de Leonarda a un écho particulier à l'école Anatole France, à Bordeaux. Une dizaine de parents d'élèves est mobilisée depuis quatre mois pour obtenir un hébergement pour sept familles arméniennes et une famille serbe, à la rue depuis le rejet de leur première demande d'asile.

L'affaire de la jeune Leonarda, cette collégienne kosovare expulsée avec sa famille vers leur pays d'origine, continue de faire des vagues : elle a même poussé dans la rue ce jeudi des centaines de lycéens.  Ils réclament l'arrêt des expulsions d'élèves étrangers en situation irrégulière en France. Des manifestaions ou eu lieu à Paris, en région parisienne ou dans des villes comme Grenoble ou la Rochelle.

Pas de manifestation à Bordeaux, mais cette affaire est vécue avec attention par la dizaine de parents d'élèves, mobilisés depuis quatre mois pour venir en aide à huit familles de demandeurs d'asile à la rue. Ces parents de l'école maternelle Anatole-France, quartier Médiadeck, ont créé un comité de soutien , allant jusqu'à se relayer pour héberger ces familles arméniennes et serbes, dont les enfants sont scolarisés dans la même école que les leurs. Émilie est l'une des trois mamans qui a fondé ce collectif.

"Il y a dans la loi une sorte de pousse au vice, on les encourage à mal se comporter pour survivre"

Quatre mois de combats

Le combat de ces parents, qui n'appartiennent à aucun parti, ni aucune assocation, a commencé début juin, lorsque quatre enfants de l'école et leur famille se sont retrouvés à la rue, après le rejet de leur 1re demande d'asile. Alertés par leurs enfants, une dizaine de parents ont alors décidé de ne pas rester indifférents.

"On ne pouvait pas laisser à la rue des familles entières avec des bébés, c'est impossible."

La solidarité s'est organisée, en lien avec les enseignants : collecte de nourriture, de vêtements, pique-nique solidaire, multiplication des démùarches auprès des autorités. Certaines familles sont même allés  jusqu'à loger temporairement ces sans abri pour leur éviter de dormir dans leurs voitures, dans les parcs ou aux urgences de l'hôpital.

Solution provisoire trouvée

Le comité soutient aujourd'hui sept familles arméniennes et une famille serbe. Et le combat commence à porter ses fruits  Il a rencontré deux fois le maire Alain Juppé ces derniers jours, et l a préfecture vient d'accorder à ces huit familles un hebergement provisoire en hôtel.

"On leur a laissé notre chambre, on a dormi dans le salon"