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Société

Bordeaux : le don d'un résistant militant communiste aux archives départementales de la Gironde

dimanche 24 juin 2018 à 17:50 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde

Résistant et militant communiste, retraité à Gradignan, Georges Durou, 94 ans, vient de céder aux Archives Départementales, ses recherches depuis 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale, portant notamment sur le rôle de la préfecture de la Gironde durant l'occupation.

Georges Durou a légué le travail d'une vie, aux archives départementales de la Gironde
Georges Durou a légué le travail d'une vie, aux archives départementales de la Gironde © Radio France - Stéphanie Brossard

"Georges Durou a eu un parcours impressionnant et il l'a en plus, documenté ce parcours, par exemple avec des photos prises dans le camp de Mérignac qui sont des pièces rarissimes et complètent ainsi les archives administratives que nous avions sur ce camp d'internement" indique Agnès Vatican la directrice des Archives Départementales de la Gironde. "C'est une chance qu'il nous fasse confiance pour conserver ces documents et ainsi poursuivre le travail de mémoire qui le guide depuis des années".

Travail de mémoire qui l'a occupé presque toute sa vie, entre ses 16 et 94 ans, presque une obsession, en particulier pour découvrir "de quelle manière la préfecture de la Gironde a appliqué les ordres de la Kommandantur, et quelques fois, en faisant plus que ce qui lui était demandé !" Et il cite ce document retrouvé "signé de la main de Papon où il demandait au directeur du camp de Mérignac, pour une vingtaine de noms, de les mettre en sécurité, dans la fameuse baraque 6, des otages". Celle d'où sont sortis, ses camarades, fusillés, au camp de Souge. "Jo" lui y échappe miraculeusement en 1941 (après avoir été arrêté en 1940 pour avoir distribué des tracts des Jeunesses Communistes dénonçant les Accords de Munich). Il est ensuite déporté en Allemagne en 1943, avant d'être libéré en 1945. A son retour en Gironde, il garde longtemps le silence, bloqué par la réaction de ses voisins à l'époque. "Une voisine s'est permise de dire que j'avais bonne mine et que je n'avais pas du trop souffrir... Comment voulez-vous parler à ces gens-là!?"

Il entreprend alors dans son coin, ce travail de recherches, méticuleux, précieux, avant de se décider finalement à témoigner, "parce qu'il ne faut pas que ça recommence". A 94 ans aujourd'hui, il ne va plus, dans les collèges et lycées, mais il a toujours un message à faire passer : "ne vous laissez pas embarquer, gardez votre esprit critique car qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son!"