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Société

Bordeaux : les personnes délogées des squats toujours en attente d'un hébergement

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Par , France Bleu Gironde

Le gymnase Thiers de 150 places promis vendredi n'a finalement pas ouvert. Alors que la canicule revient, les associations demandent aux autorités de trouver une solution pérenne pour les 200 personnes délogées des squats ces dernières semaines.

Plusieurs dizaines de personnes dorment temporairement à la Bourse du traval suite à l'expulsion des squats.
Plusieurs dizaines de personnes dorment temporairement à la Bourse du traval suite à l'expulsion des squats. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Bordeaux, France

Selon Bordeaux Métropole, le gymnase Thiers situé dans le quartier Bastide aurait dû ouvrir ses portes vendredi soir. Il peut accueillir 150 personnes. Mais ses portes sont restées closes tout le week-end. "On nous a parlé d'un problème technique de toilettes bouchées" explique un bénévole. La mairie n'a pas donné d'explication. En attendant, associations et habitants se relaient pour aider ces sans-abri, demandeurs d'asile et migrants. Ils seraient environ 200 selon les associations.

Ils ont été délogés deux semaines plus tôt des squats de Saint-Michel et Saint-Médard-en-Jalles. La préfecture, qui chiffre le nombre de squats en Gironde à environ 150, ce qui représente 1500 personnes, a entrepris de les démanteler depuis début juillet. La préfète Fabienne Buccio avait assuré que chaque personne délogée se verrait proposer une solution.

Une "occupation citoyenne" à Saint-Michel

Mais depuis une semaine, ils sont une trentaine au moins à dormir en plein air, au pied de la flèche Saint-Michel. Avec des banderoles qui interpellent directement les autorités, notamment : "Pas d'expulsion sans solution", ou encore "Merci madame la préfète". Fred fait partie de l'association Squid qui leur vient en aide. Il défend une "occupation citoyenne" pour rendre visible ces personnes : "Pour que la préfète prenne des mesures de relogement, il faut faire tâche dans le décor, il faut que ce soit visible. On veut à la fois alerter sur la politique sécuritaire de la préfète et venir en aide aux personnes." Selon lui, parmi les occupants, il y a une moitié de demandeurs d'asile, une moitié de SDF. "Le quartier nous soutient, des gens nous proposent de prendre des douches ou à manger, mais il est temps que des structures d'État se mettent en place pour répondre à toutes ces situations de détresse."

"Il faut qu'on soit visible, qu'on fasse tâche dans le décor" Fred, de l'association Squid

L'occupation "citoyenne" de la flèche Saint-Michel a débuté mi-juillet. - Radio France
L'occupation "citoyenne" de la flèche Saint-Michel a débuté mi-juillet. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Pendant la journée, une soixantaine de personnes sont accueillies à l'espace associatif de l'Athénée Libertaire, 7 rue du Muguet, géré notamment par le syndicat CNT. La nuit, ils sont hébergés à la Bourse du travail, un bâtiment municipal où interviennent entre autres la CGT, Médecins du monde et l'association Ovale citoyen. Selon son confondateur, Jean-François Puech, ce week-end treize enfants de moins de 16 ans y ont passé la nuit.

Des familles avec enfants 

Avec la canicule qui s'annonce, la situation devient inhumaine selon lui : "On a des familles avec des enfants en bas âge, des femmes enceintes. Tous ne sont pas en situation irrégulière : par exemple une famille éthiopienne de cinq enfants dont le père est réfugié. On est presque en reconstitution d'un bidonville à Bordeaux-Lac, des gens dorment sur les quais à Saint-Michel, ce n'est pas tenable. Il y a un vrai travail avec les collectivités, mais on commence tous à être débordés par ce qu'on pourrait appeler une catastrophe humanitaire à Bordeaux si rien n'est fait."

"On se dirige vers une catastrophe humanitaire à Bordeaux" - Jean-François Puech

La mairie de Bordeaux explique "étudier plusieurs possibilités" pour reloger les personnes expulsées. La métropole dit également rechercher des solutions. Le département de son côté a discuté avec les associations dimanche pour apporter des réponses de mises à l'abri. Selon Emmanuelle Ajon, vice-présidente du département en charge de la protection de l'enfance, l'espace de vie alternatif Darwin a proposé de prendre en charge momentanément trois ou quatre familles.