Société

Bordeaux : mobilisation contre la baisse de l'APL

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde samedi 14 octobre 2017 à 17:21

Sur les pancartes des manifestants, à Bordeaux
Sur les pancartes des manifestants, à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Le collectif "Vive l'APL" appelait ce samedi à des rassemblements pour dire non à la baisse de l'aide personnalisée au logement et pour "sauver le logement social". A Bordeaux, unce centaine de personnes se sont retrouvées devant la mairie.

Touche pas à l'APL : comme dans une dizaine de villes de France, une centaine de personnes se sont rassemblées ce samedi en début d'après-midi devant l'hôtel de ville de Bordeaux pour protester contre la baisse de cinq euros par mois, depuis le premier octobre, de l'Aide Personnalisé au Logement. Cet appel à la mobiilisation avait été lancé par un collectif baptisé "Vive l'APL", qui regroupe 70 associations . Parmi elles, des associations de locataires, comme la CNL ou la CLCV, des syndicats comme la CGT ou l'UNEF, et des bailleurs sociaux, comme la fédération des offices HLM.

Cette baisse est jugée inadmissible par les bénéficiaires, qui ont l'impression "qu'on s'attaque aux plus pauvres".

Cinq euros par mois en moins, c'est beaucoup pour quelqu'un comme moi qui touche une petite retraite : 600 euros par mois. Je paie 600 euros de loyer par mois, j'ai une APL de 150 euros par mois, je fais comment pour vivre si on m'enlève en plus 60 euros dès l'an prochain? Et bien , je ne peux pas. Je vais aller sous les ponts. - Viviane, locataire HLM à Carbon-Blanc.

"Ce n'est pas aux plus riches qu'on demande des efforts" Viviane, bénéficiaire de l'APL

Une diminution de l'APL que ressentent aussi durement les jeunes en situation de précarité.

Cinq euros à débourser en plus, ça veut dire acheter de la nourriture de moins bonne qualité, ou se priver d'un médicament. Le message qu'on nous renvoie, c'est que nous ne sommes pas utiles à l'économie de la société, et qu'on peut faire des économies sur notre dos. - Mélanie, salariée à temps partiel, habite une résidence habitat jeunes à Blanquefort.

Pendant le rassemblement devant la mairie de Bordeaux  - Radio France
Pendant le rassemblement devant la mairie de Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

"La mise à mort du logement social à la française"

Cette mesure, entrée en application par décret, touche 6 millions et demi de locataires en France. Et le gouvernement ne veut pas en rester là, puisqu'il entend dès l'an prochain retirer 60 euros en, plus à chaque bénéficiaire de l'APL logés par un organisme HLM, en contrepartie d'une diminution de loyer équivalente par les bailleurs.

C'est la mise à mort du logement social à la française. Ces 50 à 60 euros par mois en moins par locataire, ce sont autant de fonds propres qui ne renteront plus dans les caisses des bailleurs. Et sans cet argent, l'entretien des bâtiments sera revu à à la baisse, nos bâtiments vont se dégrader, et on ne pourra plus construire de nouvelles résidences. C'est catastrophique. - Régis Castaing, de la CLCV Gironde , l'association Consommation, Logement et Cadre de vie.

"Qui a pu pondre un projet aussi déconnecté de la réalité?" Régis Castaing, de la CLCV Gironde

Cette baisse de l'APL pourrait être dès l'an prochain de huit à dix euros par mois. Le collectif Vive l'APL a déposé cette semaine un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir la suspension de cette mesure ....

"5 euros par mois, pour nous, ça représente beaucoup"