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Société

Bordeaux: Silvina et Besard, expulsés vers l'Albanie, ne reviendront pas à l'école Saint Bruno

mardi 25 septembre 2018 à 19:57 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Un comité de soutien s'était mobilisé dès leur arrivée à Bordeaux en février 2014, et avait tout fait pour leur intégration: l'expulsion du couple d'albanais et de leurs deux enfants de neuf et six ans, renvoyés dans leur pays il y a un mois, est définitive, a fait savoir la préfecture de Gironde

Les membres du réseau Education Sans Frontière 33 réunis devant l'école Saint-Bruno, à Bordeaux
Les membres du réseau Education Sans Frontière 33 réunis devant l'école Saint-Bruno, à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

La mobilisation n'aura pas payé : Silvina et Besard, les deux enfants albanais de neuf et six ans expulsés il y a un mois avec leurs parents vers leur pays d'origine, ne reviendront pas à Bordeaux . Une délégation de leur comité de soutien a été reçue ce mardi après-midi en préfecture, et la réponse des autorités a été claire : leur expulsion est définitive. 

La famille , qui vivait depuis quatre ans et demi en France, a été conduite de force à l'aéroport et réexpédiée vers l'Albanie une semaine avant la rentrée des classes , après le rejet de leurs demandes d'asile et de régularisation. Silvana , la plus âgée, devait rentrer en CM1, son petit frère en CP, tous les deux à l'école Saint-Bruno, où ils étaient scolarisés depuis leur arrivée à Bordeaux. 

C'est le secrétaire général de la Préfecture qui a reçu la délégation, et "il ne nous a pas laissé d'espoir, explique Danèle Rosin, de la Ligue des Droits de l'Homme de Gironde. Il nous a dit que nous étions dans la suite du processus logique d'éloignement, et qu'il y aurait à l'avenir d'autres expulsions de familles en situation irrégulière."

"C'était sans doute la famille la plus entourée, elle a quand même été expulsée" Danièle Rosin, de la Ligue des Droits de l'Homme

"Un grave précédent"

Gérard Clabé, du Réseau Education Sans Frontière 33, parle d'un "grave précédent". Selon lui, la préfecture aurait dû appliquer la circulaire Valls, qui permet la régularisation de toute famille vivant depuis cinq ans en France. Or, dans leur cas, il manquait six  mois. "Le courage aurait été de dire : on va jusqu'au bout de cette période. Il n'y a pas d'autre exemple en Gironde de famille autant accompagnée qu'on ait expulsé". 

Danièle Rosin , de la Ligue des Droits de l'Homme, et Gérard Clab", de RESF 33  - Radio France
Danièle Rosin , de la Ligue des Droits de l'Homme, et Gérard Clab", de RESF 33 © Radio France - Pierre-Marie Gros

Car un comité de soutien s'est formé très vite autour de cette famille, emmené notamment par Dany Moulié, ancienne institutrice dans cette  école, et vice-présidente de la maison de quartier Union Saint Bruno. n"Ils campaient alors tous les quatre sur l'esplanade de Mériadeck, ous leur avons trouvé un logement via le 115, puis ils ont été très soutenus par l'école et par la maison de quartier.  Quatre ans après, les enfants ne parlaient plus quasiment que le français. Et le papa, qui souffre d'épilepsie sévère, était pris en charge en neurologie au CHU de Bordeaux. Cette situation me rend très triste. "

"Expulsés à six mois de leur régularisation" Dany Moulié, de RESF33

Une expulsion que ne comprend pas non plus Delphine, parent d'élève à l'école Saint-Bruno. "Je les voyais tous les jours, c'était des gens très discrets, toujours à l'heure à l'école, malgré leurs difficultés. Mes enfants jouaient avec les leurs, ils étaient très bien intégrés. Je trouve ça inhumain qu'on ait pu arracher des gamins à leurs camarades, et une école, à leurs attaches, c'est aberrant". 

La banderole déployée devant l'école Saint-Bruno, à Bordeaux  - Radio France
La banderole déployée devant l'école Saint-Bruno, à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Ils faisaient partie de l'école , et pour moi, ils étaient français, comme les autres enfants. - Delphine, une maman de l'école Saint Bruno

"Ils faisaient partie de l'école, c'est aberrant" Delphine, parent d'élèves

Même si un retour de cette famille en France paraît improbable, la bataille va se poursuivre sur le terrain judiciaire. Le réseau Education sans Frontière a fait appel de cette décision d'éloignement, le recours devrait être examiné au plus tôt dans un mois par la justice.