Société

Bordeaux : UberPop suspendu, les ex-conducteurs passent chez Uber X

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde mercredi 2 septembre 2015 à 6:00

Cinq chauffeurs UberPop jugés par le tribunal correctionnel de Bordeaux
Cinq chauffeurs UberPop jugés par le tribunal correctionnel de Bordeaux © MaxPPP

UberPop étant interdit par arrêté préfectoral en Gironde depuis février dernier, suspendu sur décision des dirigeants en France, certains chauffeurs se sont retrouvés sur le bas côté de la route et se sont dirigés vers Uber X, un service d'Uber qui met en relation des particuliers à des chauffeurs VTC.

C'est un autre service proposé par la société américaine, qui lui n'a pas été suspendu. Proposé à Bordeaux depuis juillet dernier et dans 9 autres villes de France. À Paris il était présent même avant UberPOP. Uber X, c'est le côté chic de l'application. Des conducteurs qui sont de vrais chauffeurs . Répertoriés grâce à un service de géolocalisation. Il faut obtenir une autorisation de transports pour pouvoir exercer. Suivre une formation d'un mois. Avoir une voiture compatible avec la ligne Uber X. Autrement dit, souvent des voitures compactes ou berlines, de couleur sombres, haut de gamme.

Chez Uber X, le chauffeur est considéré comme chauffeur VTC. À Bordeaux, ils sont une trentaine à être passés d'UberPop à Uber X depuis juillet.

"Avec Uber X je peux gagner jusqu'à 5000€ par mois pour 60 heures de travail". — Joël Sentenac

Joël Sentenac a 59 ans et vient de Bordeaux. Cet ancien gérant d'une société spécialisée dans les énergies renouvables en fait partie. Maintenant Joël est considéré comme un vrai chauffeur et non plus un particulier. En fait il a du obtenir une autorisation de transports pour pouvoir exercer et suivre une formation de six semaines, et payer une licence VTC : 3000€ .  Il a aussi changer de voiture. C'est une demande d'Uber X, "il faut que la voiture réponde à certaines normes, âgée de moins de 6 ans, noire en général, de préférence une berline."

Avec Uber X, on monte en gamme. Voiture tout confort, bouteille d'eau, magazine, le chauffeur descend de la voiture pour vous ouvrir. En bref, c'est un peu plus chic qu'UberPop.

"C'est une clientèle plus business qu'avec UberPop, où des gens qui rentrent de soirées (cinéma, restau etc), sont rassurés d'être avec nous parce qu'ils savent qu'ils vont avoir plus de standing et de la courtoisie". — Joël Sentenac

Uber table sur des tarifs toujours moins chers que ceux pratiqués par les taxis. Jusqu'à 25% de moins. En revanche, la course est un peu plus chère qu'UberPop. Avant Joël gagnait environ 800€ par mois. Avec Uber X, il pense obtenir jusqu'à 5000€ le mois pour environ 60 heures par semaine.

Les taxis répliquent avec leurs propres applications

Une concurrence qui inquiète les taxis. À Bordeaux ils répliquent en se modernisant un peu. Un chef d'entreprise vient de lancer depuis Bordeaux, une application pour smartphone basé sur le même modèle qu'Uberpop : Taxi Live. Elle met directement en relation clients et taxi le plus proche par service de géocalisation. Actuellement, l'application compte 1000 chauffeurs de taxis et plus de 2000 usagers en France. De son côté, le syndicat autonome des Artisans Taxis de la Gironde a lui aussi  lancé l'application appelée elle, Mon Taxi.

C'est donc maintenant une guerre des applications qui va avoir lieu à Bordeaux. Autre guerre qui va probablement poser problème : la guerre des parkings. Car certains taxis n'apprécient pas le fait que des chauffeurs Uber X utilisent les emplacements normalement réservés aux taxis pour récupérér leurs clients.

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