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Société

Bordeaux : un mois et demi d'occupation à la fac de la Victoire

mercredi 25 avril 2018 à 19:26 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Très actif au début du blocage, les occupants du site de La Victoire commencent à voir leur mouvement s'essouffler. Ils sont de moins en moins nombreux présents sur le site. Et la petite société qu'ils ont mis en place continue de vivre, jusqu'à l'évacuation, qui semble inéluctable.

Dans le hall, une pancarte incite tout le monde à entrer.
Dans le hall, une pancarte incite tout le monde à entrer. © Radio France - Thomas Coignac

Dans l'atrium de l'université de Bordeaux-Victoire, on croise de moins en moins d'occupants. Une trentaine de personnes, une cinquantaine tout au plus. Qui continuent de faire vivre leur société, créée depuis le 12 mars, et baptisée l'Université libre de Bordeaux. Dans un coin, un "Free shop" ou l'on peut récupérer des vêtements dont personne ne veut. Des activités culturelles, comme, cette fois-ci, un jeune homme qui fait une démonstration de danse avec cerceau. Des conférences, aussi. Ce mercredi, c'était "séance de révision de sociologie des organisations". 

Ici, on se procure des vêtements déjà portés. - Radio France
Ici, on se procure des vêtements déjà portés. © Radio France - Thomas Coignac

Et puis, tout le monde s'organise. Dans un coin, un panneau : "Tout le monde fait sa vaisselle".  A côté, Zazie épluche une bassine entière de pommes de terre, achetées avec l’argent récolté pendant les Assemblées générales. "C'est une vie en communauté, comme dans tout mouvement, explique la jeune étudiante, en double Master Anglais-Psychologie. Tous ceux qui peuvent apporter quelque chose au mouvement peuvent nous rejoindre. Et puis, il y a plein de gens qui viennent boire un café et discuter." Bref, le calme. Avant la tempête ?

Faire sa vaisselle est encouragé.  - Radio France
Faire sa vaisselle est encouragé. © Radio France - Thomas Coignac

Ce mercredi, ce sont les universités de Nancy et Metz qui ont été évacuées à l'aube. Plus tôt dans le mois, c'était ceux de Tolbiac, à Paris, le symbole du mouvement, qui étaient sortis de leur lieu d'occupation. Alors, à Bordeaux, "on sait que ça va arriver, dit la camarade de Zazie. Dans le fond, on sait que ça va s'arrêter un jour, parce qu'il faut que les choses reprennent leur cours. On espère juste qu'elles reprennent en amélioré." 

Je voulais refaire Mai-68, 50 ans après

On n'a pas oublié, ici, l'intervention des CRS, le mercredi 6 mars, pour déloger des étudiants qui occupaient un amphi. C'est même cela qui a tout déclenché, dit-on à la Victoire, tant la mobilisation a été plus importante quelques jours après. Un mois et demi après, les barricades sont toujours là, posées derrière les portes pour les empêcher d'être ouvertes. Le mouvement, lui, a perdu en vigueur. Pourtant, au début, parmi les plus fervents, il y avait celui que tout le monde ici surnomme JeanJass, pour sa ressemblance (pas flagrante) avec le chanteur belge . "Je voulais refaire Mai-68, 50 ans après, dit celui qui est encore lycéen. Mais sur la durée, les gens s'en vont, c'est devenu compliqué de les mobiliser". Parmi les causes évoquées à cette démobilisation, les partiels à réviser, les vacances scolaires, le sentiment que cela n'avance pas, voire même le beau temps. 

Les barricades epêchent toujours les portes de s'ouvrir. - Radio France
Les barricades epêchent toujours les portes de s'ouvrir. © Radio France - Thomas Coignac

Un ex-SDF pour gérer la logistique 

Parmi ceux qui restent, des étudiants, beaucoup. Mais aussi d'autres, à la trajectoire très différente. Aux manettes, pour gérer la logistique, Didier, ex-SDF depuis sa sortie de prison. Il est entré à la Victoire, parce qu'il avait "vu de la lumière", sans rien connaître de la lutte contre la sélection à l'Université. Et en échange d'un coin pour dormir, cet ancien employé dans le secteur de la logistique a souhaité ré-organiser la vie à la Victoire. Il a pris en charge le rangement, le nettoyage, et même le tri sélectif. A voir jusqu'à quand... 

Deux des trois portes de la Victoire sont toujours fermées.  - Radio France
Deux des trois portes de la Victoire sont toujours fermées. © Radio France - Thomas Coignac