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Société

Bordeaux : une marche en hommage au jeune coursier tué à vélo

dimanche 27 janvier 2019 à 22:05 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

Une centaine de proches, d'amis et de collègues de Franck Page ont marché ce dimanche après-midi dans les rues de Bordeaux en sa mémoire. Cet étudiant de 18 ans est mort percuté par un poids-lourd le 17 janvier alors qu'il effectuait une livraison à vélo.

L'hommage au jeune coursier dans les rues de Bordeaux
L'hommage au jeune coursier dans les rues de Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

Ils ont marché en silence, en sa mémoire, pendant près d'une heure et demie dans les rues de Bordeaux : la famille, les amis et les collègues de Franck Page ont sillonné la ville ce dimanche après-midi, derrière une grande banderole avec sa photo, pour lui rendre hommage.  Cet étudiant en économie de 18 ans, coursier à vélo pour Uber Eats, est mort le 17 janvier dans un accident de la circulation à Pessac, traîné par un poids-lourd sur une centaine de mètres alors qu'il effectuait une livraison. Le chauffeur a expliqué qu'il ne l'avait pas vu.

Le cortège, parti de la place de la Victoire à 16h, s'est rendu notamment place de la République, place Gambetta, avant de se rendre place de la Bourse, où il s'est arrêté en dessous la grande publicité dressée sur la façade de la Chambre de commerce et d'Industrie. Sur cette publicité, on peut lire : "Uber Eats. Faites-vous livrer là où la vie vous mène."  

"J'ai tenu à ce que cette image reste, a expliqué Alexandre Page, le père de Franck, parce que cette pub n'a pas lieu d'être, avec tous les risques que ces jeunes prennent pour ces livraisons. Il fallait vraiment montrer là la photo de mon fils, pour que les responsables d'Uber Eats s'en rappellent. Je ne comprends pas qu'un tel système puisse exister : faire de l'argent en faisant prendre tous ces risques, c'est inadmissible. D'ailleurs, Uber Eats n'a jamais cherché à nous rencontrer." 

Le cortège a fait une halte devant la pub affichée sur la façade de la CCI, place de la Bourse  - Radio France
Le cortège a fait une halte devant la pub affichée sur la façade de la CCI, place de la Bourse © Radio France - Pierre-Marie Gros

Mon fils est une victime de l'uberisation, une victime de trop. Plus jamais. - Alexandre Page, le père de la victime. 

"Inadmissible qu'on laisse les coursiers prendre de tels risques" Alexandre , le père de Franck Page

Un job à haut risque 

D'autres coursiers à vélo ont participé à cet hommage, comme Sarah, étudiante en pharmacie. "Ce jeune, il était étudiant, comme moi, c'est beaucoup plus que triste, je n'ai pas les mots pour cela, mais j'aimerais au moins que ce drame nous serve de leçon, à moi et à tous les autres, pour que nous soyons plus prudents." "Ç'aurait très bien pu être moi à la place de Franck, ajoute Julien, étudiant en économie-gestion, et lui aussi livreur à vélo. J'ai eu beaucoup de chance, car jusque là, je n'ai eu que des accidents sans trop de gravité."

Les coursiers, aux côtés des proches de Franck Page  - Radio France
Les coursiers, aux côtés des proches de Franck Page © Radio France - Pierre-Marie Gros

"Évidemment que c'est un job dangereux", renchérit Sarah. "Forcément, quand on roule beaucoup d'heures dans la même journée, avec beaucoup de voitures et des piétons que ne regardent pas devant eux, sur des chaussées pas toujours adaptées, on est exposé à des risques." "Mais on n'a pas le choix, constate Julien, on est payé à la commande, on n'a aucune garantie, on est obligé d'aller vite, de se presser, on ne peut pas faire mieux pour gagner le peu qu'on gagne."

Si cela pouvait nous servir de leçon, pour que nous prenions moins de risques - Sarah, étudiante en pharmacie et coursier 

"On prend des risques, mais on n'a pas le choix" . Paroles de coursiers

La rémunération est comprise entre 4 et 5,50 euros la livraison, sans les charges, et "en bossant bien, on peut se faire 60 à 80 euros par soirée". Et le système de prime incite parfois à prendre des risques : "Pour avoir une prime supplémentaire, il faut avoir effectué un certain nombre de livraisons sur un créneau horaire donné. Et pour atteindre cet objectif, on est amené à rouler très vite, que ça glisse ou pas."

Malgré cela, ils sont nombreux à choisir ce job, "parce que nous sommes beaucoup d'étudiants à Bordeaux, et il y a peu de jobs étudiants. Alors, on prend ce qui reste." Julien explique qu'il abandonnera ce poste dès qu'il aura trouvé autre chose. Quant à Sarah, elle déconseille carrément à ses amis qui sont tentés de faire ce boulot. 

La marche a débuté place de la Victoire , la banderole portée par la famille de Franck  - Radio France
La marche a débuté place de la Victoire , la banderole portée par la famille de Franck © Radio France - Pierre-Marie Gros