Société

Bordeaux : une minute de silence contre la fermeture à minuit des bars du cours de l'Yser

Par Olivia Cohen et Amaia Cazenave, France Bleu Gironde jeudi 16 avril 2015 à 18:55

Le cours de l'Yser est l'un des derniers quartiers populaires de Bordeaux
Le cours de l'Yser est l'un des derniers quartiers populaires de Bordeaux © Radio France

Pour protester contre l'arrêté municipal qui oblige les 25 établissements du cours de l'Yser à fermer leurs portes à minuit, patrons de bar, riverains et membres de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie de la Gironde, observent une minute de silence au bar l'Avant-scène ce jeudi.

Le torchon brûle entre la mairie de Bordeaux et l'Union des métiers et des industries de l'tôtellerie (UMIH) de la Gironde. Depuis quelques mois, le dialogue et totalement rompu entre la municipalité et le syndicat. Au coeur du problème : l'arrêté municipal du 24 mars, imposant la fermeture des établissements du cours de l'Yser à minuit, du mercredi au dimanche. Une mesure qui devrait durer jusqu'au 31 mars 2016.

L'UMIH estime que cette restriction des heures d'ouverture va condamner les bars et restaurants concernés. Le syndicat a d'ailleurs saisi le tribunal administratif : une procédure en référé pour faire suspendre et annuler l'arrêté.

"On sanctionne tout le monde au lieu de chercher des vrais responsables."

Pour Eric Bernard, gérant du bar L'Avant-scène, cet arrêté municipal qui le contraint de fermer son établissement deux heures plus tôt, c'est une véritable trahison : "A l'origine de toute cette affaire, il y a eu une pétition signée par les riverains. Elle entendait signaler à la mairie tout un tas de comportements inadmissibles de la part de gens qui se saoulent sur le trottoir et dégradent l'environnement des riverains. J'ai été l'un des premiers à la signer et aujourd'hui, la réponse de la mairie est injuste. On sanctionne tout le monde, au lieu de chercher les vrais responsables. Cette fermeture va me faire perdre 20 % de mon chiffre d'affaires."

SON Bars fermés à minuit

"Avec cet arrêté, on cherche à faire mourir un quartier populaire."

Dans un autre bar, Le bon coin, même son de cloche pour l'un des serveurs : "La conséquence, ce sera une perte de clients. Les gens iront ailleurs." Mais pour René, l'un des habitués, les vrais responsables, ce sont les épiceries qui vendent de l'alcool à la sauvette : "Grâce à ces bouteilles pas chères, les gens s'enivrent sur les trottoirs et débarquent ensuite dans les bars complètement bourrés. Ensuite, ils font leurs besoins partout, cassent les bouteilles. On sanctionne les bars et les restaurants, mais pourquoi on ne dit rien aux supérettes ?"

Un avis que partage un peu Éric Bernard, sans toutefois se montrer accusateur. Mais pour son ami Alain, qui habite le quartier depuis 20 ans, l'heure est grave : "Le quartier est idéalement situé, pas loin de la gare. Ce que je pense, c'est que la mairie favorise les agences immobilières, qui veulent faire main basse sur tous ces biens et faire grimper les prix. Avec cet arrêté, on cherche à faire mourir un quartier populaire. Ou plutôt, on veut le vider de toute vie et de tous ses commerces."

Une minute de silence pour le Cours de l'Yser - Radio France
Une minute de silence pour le Cours de l'Yser © Radio France

Cours de l'Yser, la stupeur est générale chez les riverains comme chez les patrons de bars