Société

Bourges : comment les migrants venus de Calais sont-ils pris en charge ?

Par Michel Benoît, France Bleu Berry jeudi 6 octobre 2016 à 19:00

Kamran et ses amis sont arrivés à Bourges, en août, en provenance directe de la jungle de Calais
Kamran et ses amis sont arrivés à Bourges, en août, en provenance directe de la jungle de Calais © Radio France - Michel Benoit

185 migrants de la jungle de Calais vont arriver en Berry d'ici fin octobre, une centaine dans le Cher, le reste dans l'Indre. Les premiers ont été accueillis il y a un an, à Bourges. Mais que deviennent-ils une fois chez nous ?

Ils sont quatre dans cet appartement du Prado à Bourges. Eux sont arrivés au mois d'Août. Emmaüs a offert les meubles. Parmi eux, Kamran, un pakistanais de 35 ans. Il affirme avoir quitté son pays car il était menacé la-bas. Le jeune homme avait créé une association pour venir en aide aux plus pauvres et aux femmes notamment. ce qui était mal vu par le pouvoir et par les talibans, explique t-il. Il est donc parti et s'est retrouvé en Libye. la situation était si difficile là-bas, qu'il a traversé la méditerranée pour arriver finalement à Paris, puis à Calais.

Kamran est arrivé à Bourges en provenance du Pakistan, après être passé par la Libye puis Calais - Radio France
Kamran est arrivé à Bourges en provenance du Pakistan, après être passé par la Libye puis Calais © Radio France - Michel Benoit

Kamran a passé trois mois dans la jungle de Calais, mais son projet n'est pas forcément d'aller en Angleterre. Tout ce qu'il veut, c'est l'asile en Europe pour pouvoir vivre sereinement. Dans le mois qui suit leur arrivée, les migrants doivent donc déposer un dossier en préfecture. Ils doivent rédiger un récit de vie dans lequel ils expliquent les menaces qu'ils subissaient chez eux. C'est un organisme indépendant qui délivre ou non ce statut de réfugié : l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (l'ofpra). Pendant toute l'étude du dossier (cela peut durer jusqu'à deux ans), le migrant n'a pas le droit de travailler. Il est pris en charge par l'état : outre l'hébergement, les soins sanitaires et l'aide alimentaire, chaque personne perçoit 202 euros par mois. Des associations sont missionnées pour les aider.

Le Pakistan n'étant pas en guerre, Kamran a très peu de chance d'obtenir l'asile en France. Mais acceptera t-il de quitter le pays en cas de refus ? - Radio France
Le Pakistan n'étant pas en guerre, Kamran a très peu de chance d'obtenir l'asile en France. Mais acceptera t-il de quitter le pays en cas de refus ? © Radio France - Michel Benoit

Seuls 8 migrants ont disparu, peut-être sont-ils retournés à Calais ... Aucun n'a commis d'acte de délinquance, précise la préfecture. L'OFPRA n'accorde le droit d'asile, en moyenne que pour un 1/4 des dossiers. Kamrane, se refuse à envisager cette hypothèse. Sur les 64 premiers migrants accueillis dans le Cher depuis un an : 2 ont obtenu l'asile, et 4 ont été déboutés mais ont fait appel.

Partager sur :