Société

Bourges : des associations dénoncent une détérioration dans la prise en charge des migrants

Par Michel Benoît, France Bleu Berry lundi 19 juin 2017 à 17:58

Le CODAC (Collectif On Dort Au Chaud) mène une action de sensibilisation chaque mardi midi à Bourges
Le CODAC (Collectif On Dort Au Chaud) mène une action de sensibilisation chaque mardi midi à Bourges © Radio France - Michel Benoit

C'est la journée mondiale des réfugiés ce mardi. Les associations qui se mobilisent pour l'accueil des migrants ont bien l'intention de le faire savoir avec plusieurs initiatives notamment à Bourges.

Comme chaque mardi depuis deux semaines, le Codac (Collectif on dort au chaud) organise un rassemblement devant l'ancienne maison de la culture à la mi-journée. De son côté, le comité de vigilance pour la défense des droits des étrangers du Cher prévoit une veillée devant l'hôtel de ville. Plusieurs tentes pourraient être installées.

"L'État ne fait pas son boulot"

Ces associations estiment que la prise en charge des étrangers s'est vraiment détériorée depuis la fin de la trêve hivernale. Selon elles, une quinzaine de personnes dormiraient dans la rue à Bourges. Le problème se pose aussi à Châteauroux. Pour Catherine Berthon, membre du Collectif on dort au chaud : " Aucun hébergement n'est proposé à ces personnes, ni de repas. L'État ne fait pas son boulot ! "

Les membres du Codac accueillent chez eux des étrangers sans solution d'hébergement - Radio France
Les membres du Codac accueillent chez eux des étrangers sans solution d'hébergement © Radio France - Michel Benoit

Des mineurs isolés livrés à eux-mêmes

De plus en plus de mineurs isolés étrangers débarquent en France. Là encore, les associations dénoncent des dysfonctionnements majeurs. Les conventions internationales imposent à la France de prendre en charge tout mineur isolé étranger qui arrive sur son territoire. Or ce n'est pas le cas, si on en croit toujours Catherine Berthon, du Collectif on dort au chaud : " l'Aide sociale à l'enfance estime trop souvent que leurs papiers sont faux et remet en cause leur minorité. De ce fait, ces jeunes se retrouvent à la rue, sans solution pour dormir et parfois même pour manger ".

Catherine Berthon héberge donc chez elle, un jeune originaire du Congo Kinshasa. On l'appellera Théo. Il est arrivé en France début mai. Ses parents, opposants politiques, ont disparu depuis décembre et son oncle lui a fait quitter le pays. Théo affirme avoir 16 ans. Il est vrai qu'il en parait davantage. " Mais ce n'est pas à l'aide sociale à l'enfance d'en décider, c'est à la police aux frontières !" Les associations déposent systématiquement des recours en justice pour les mineurs qui sont refoulés. "D'ailleurs, dans environ 50 % des cas, le juge confirme la minorité de l'enfant" affirme le Codac, "mais durant ce recours, ces jeunes sont livrés à eux-mêmes, on leur ouvre donc nos maisons, alors que c'est à l'État d'agir !"