Société

Bourges : les marais en fête ce week-end

Par Michel Benoît, France Bleu Berry vendredi 2 septembre 2016 à 18:00

L'eau est au plus bas, mais n'empèchera pas la fête des samedi soir
L'eau est au plus bas, mais n'empèchera pas la fête des samedi soir © Radio France - Michel Benoit

4 à 5.000 personnes attendues ce week-end à Bourges pour la traditionnelle fête des marais. Tout commence samedi soir avec un concert, un concours de barques illuminées et un feu d'artifice.

Ce sera la 7ème nuit des marais, organisée par l'association Patrimoine marais. Un démarrage en fanfare qui se poursuit le dimanche avec la trente-quatrième édition de la fête des marais. Place, dimanche, au marché des producteurs locaux, et à une multitude d'animations (concours de dessins, danses médiévales, démonstration de gymnastique rythmique et sportive)  et bien sûr randonnée en barque. Une occasion à saisir, car les promenades en barque dans le marais ne sont pas possibles le reste de l'année. les maraichers tiennent à préserver leur tranquillité ! (au grand dam des associations touristiques qui aimeraient exploiter ce joyau).

Marie-Claude entretient une parcelle de 2000 m2 dans les marais de Bourges. Ce n'est pas de tout repos ! - Radio France
Marie-Claude entretient une parcelle de 2000 m2 dans les marais de Bourges. Ce n'est pas de tout repos ! © Radio France - Michel Benoit

Les marais de Bourges, c'est 135 hectares de verdure et d'eau au coeur de la ville. Ils ont particulièrement souffert cette année : inondations en juin et sécheresse cet été. Marie-Claude y cultive 2000 m2 : elle se souviendra de 2016 !. la retraitée, qui ne ménage pourtant pas ses efforts, ne pourra pas récolter de pommes-de terre. Elles ont été submergées par les eaux, et il a fallu attendre la décrue et des sols un peu plus sec pour resemer ou replanter ce qui était possible. Double travail, comme dit Marie-Claude !

Les carottes sont toutes biscornues, à cause des inondations du mois de juin - Radio France
Les carottes sont toutes biscornues, à cause des inondations du mois de juin © Radio France - Michel Benoit

Les marais sont inondés chaque hiver, mais au mois de juin c'est exceptionnel. Marie-Claude a dû laisser presque la moitié de sa parcelle en friche cette année. Et maintenant c'est la sécheresse : certains fossés sont quasiment à sec. La retraité aura quand même de beaux légumes.Elle n'en achète jamais et fait même plaisir en en offrant à "des petites mamies" autour d'elle. L'hiver, elle fait des confitures avec une partie de ce qu'elle a congelé.

Marie-Claude a laissé une partie de sa parcelle en friche à cause des inondations de juin - Radio France
Marie-Claude a laissé une partie de sa parcelle en friche à cause des inondations de juin © Radio France - Michel Benoit

Cultiver son marais, c'est beaucoup de travail. Marie-Claude,  y vient tous les jours. L'hiver, il faut curer les fossés, couper les joncs pour faciliter la circulation de l'eau. Maintenant que son mari est décédé, c'est elle qui a repris le flambeau, seule. L'été, la retraitée arrive avant 6h00 du matin pour arroser  avant la chaleur. C'est énormément de travail. certains nouveaux propriétaires de parcelles, se contentent de semer du gazon et de planter quelques arbres fruitiers, regrette Marie-Claude. Certains fossés ne sont plus entretenus, c'est vrai. Et cela favorise les inondations et les sécheresses, car l'eau ne circule plus convenablement.

De plus en plus de fossés du marais ne sont plus entretenus, et l'eau ne peut plus circuler convenablement - Radio France
De plus en plus de fossés du marais ne sont plus entretenus, et l'eau ne peut plus circuler convenablement © Radio France - Michel Benoit

Et puis il y a de plus en plus de vols ou de vandalisme. "On ne peut plus rien laissé dans les cabanons" déplore Marie-Claude. "Heureusement, nous on s'entend bien" précise la retraitée en apostrophant son voisin. Marie-Claude est la seule femme à entretenir son marais dans ce coin là... Elle est de corvée de café, tous les jours et allume même le feu l'hiver dans l'un des cabanons, et elle retrouve ses amis. On fête nos anniversaires et on amène une bonne bouteille. La convivialité existe encore. Cela fait presque quarante ans que ça dure pour Marie-Claude. "Le marais, c'est toute ma vie !" conclut la berruyère.