Société

Bourges : une religieuse berrichonne canonisée par le pape François

Par Michel Benoît, France Bleu Berry samedi 15 octobre 2016 à 18:10 Mis à jour le dimanche 16 octobre 2016 à 14:23

Soeur Elisabeth de la trinité, alors qu'elle se trouve au carmel de Dijon
Soeur Elisabeth de la trinité, alors qu'elle se trouve au carmel de Dijon © Radio France - Michel Benoit

Le Berry comptera une huitième sainte ce dimanche. Le pape François célébrera une messe de canonisation à 10h15, place Saint-Pierre à Rome (Vatican) en l'honneur de sept nouveaux saints dont Élisabeth de la trinité, née à Farges en Berry en 1880.

La carmélite, de son vrai nom, Marie-Elisabeth Catez est née à Farges en Septaine, près d'Avord (Cher) en 1880. Elle ne restera même pas deux ans en Berry puisque son père, militaire sera muté à Dijon.La religieuse mourra au carmel de Dijon, en 1906, victime de la maladie d'Addison, qui atteint les glandes surrénales. Elle n'avait que 26 ans. Après sa mort, ses écrits seront publiés et tirés à plus de 80.000 exemplaires.

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Marie Catez, jeune femme, avant de rentrer dans les ordres - Radio France
Marie Catez, jeune femme, avant de rentrer dans les ordres © Radio France - Michel Benoit

Une vie de prière qui laisse une empreinte encore aujourd'hui. Son souvenir est entretenu aujourd'hui par les carmélites de Bourges. C'est un grand jour pour sœur Élisabeth-Marie puisqu'elle va pouvoir sortir du carmel de Bourges pour assister à Rome à la canonisation de celle qu'elle appelle son amie. Élisabeth de la Trinité, elle l'a rencontrée en 1984, en participant, toute jeune à une veillée de prière pour la béatification de la sainte. Elle aime chez cette religieuse, son regard doux, mais plein de caractère, un caractère colérique qu'elle a su dompter. Une jeune fille douée pour la vie, premier prix de piano à treize ans, mais elle choisit une autre voie : celle de la spiritualité, malgré l'opposition de sa mère qui se pliera finalement à sa décision.

Elisabeth Marie était très douée pour le piano. Elle a dû y renoncer en entrant au carmel de Dijon. - Radio France
Elisabeth Marie était très douée pour le piano. Elle a dû y renoncer en entrant au carmel de Dijon. © Radio France - Michel Benoit

Au carême de 1906, Élisabeth tombe malade : la maladie d'Addison affecte les glandes surrénales qui régissent une partie du métabolisme. Une agonie de neuf mois. La jeune femme décède le 9 novembre 1906. Mais la maladie ne l'aura pas éloignée de Dieu, bien au contraire. C'est aussi ce message de foi malgré les épreuves qu'entretiennent aujourd'hui les carmélites comme Sœur Thérése-Marie, entrée dans les ordres à Bourges il y a plus de 30 ans. "De nombreuses personnes viennent nous voir ou nos contactent par téléphone, par mail, pour nous recommander des malades. Nous sommes ouvertes sur le monde malgré notre vie de recluse". Les carmélites de Bourges ont conçu une exposition sur la vie d’Élisabeth : elle est visible tous les jours dans la chapelle du carmel.

Pour être canonisé, il faut avoir accompli au moins deux miracles. C'est le cas pour pour Élisabeth. Deux malades qui l'ont invoquée par la prière : un moine de l'abbaye de Citeaux, victime d'une tuberculose des reins en 1943, subitement guérie après avoir invoqué la religieuse ; l'autre en 2002, une jeune femme Belge qui souffrait d'une maladie orpheline, le syndrome de Sjögen, guérie elle aussi alors qu'elle se rendait au carmel de Dijon pour prier... Miracle reconnu par le Vatican en mars 2016. La miraculée sera d'ailleurs à Rome pour assister à la cérémonie.

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