Société

Bourges : une structure pilote pour accueillir les mineurs étrangers

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mardi 18 octobre 2016 à 18:04

Cette chambre au foyer St François de Bourges ne restera pas vide très longtemps
Cette chambre au foyer St François de Bourges ne restera pas vide très longtemps © Radio France - Michel Benoit

A Bourges, le conseil départemental finance deux associations chargées de l'accueil des mineurs étrangers. Dans le département, ils ne relèvent plus de l'aide sociale à l'enfance, mais d'une structure spécifique, plus à même de traiter spécifiquement leurs problèmes pour ensuite mieux les insérer.

Le démantèlement de la jungle de Calais devrait débuter lundi prochain. Se posera alors avec plus d'acuité, le problème des jeunes mineurs étrangers. Les conventions internationales imposent aux pays où ils se trouvent de les prendre en charge. Et dans ce domaine, le département du Cher est pilote. Depuis le mois d'Août, le conseil départemental a lancé une prise en charge spécifique pour ces adolescents. Une structure unique leur est réservée, confiée à deux associations : le foyer St François et l'Espace Tivoli. Jusqu'alors, ces mineurs étrangers étaient pris en charge dans des familles d'accueil ou des foyers à l'enfance, comme dans tous les départements. Ce n'est pas satisfaisant car ils se retrouvent avec des mineurs ou des enfants qui n'ont pas du tout le même profil qu'eux. Ces mineurs ont entre 16 et 18 ans. Ils ont bourlingué pour arriver en France et nécessitent une prise en charge qui n'a rien à voir avec celle classique de l'aide sociale à l'enfance. Pour Christelle Petit, directrice de l'association Tivoli initiatives, l'accent doit être mis pour ces jeunes non pas sur les liens à la famille mais sur la maitrise du Français et l'insertion professionnelle.

Les mineurs bénéficient d'un espace commun dont l'ameublement a été fourni à des conditiosn avantageuses par une fgrande enseigne nationale - Radio France
Les mineurs bénéficient d'un espace commun dont l'ameublement a été fourni à des conditiosn avantageuses par une fgrande enseigne nationale © Radio France - Michel Benoit

Avoir un métier pour devenir autonome et cela commence par la maitrise de la langue. Pas évident pour des jeunes Bengladais, plus facile pour ceux venus d'anciennes colonies françaises. Mamadou est originaire de Guinée Conakry. A 15 ans, il a traversé le désert du Mali, puis le Maroc pour arriver en Espagne et en France. Ses parents décédés, il ne pouvait plus vivre en Afrique. Son rêve : travailler en France comme plombier, ou boulanger. Le mois prochain, Mamadou devrait intégrer l'école. Et la motivation de ces jeunes est très forte, insiste cet éducateur, Brice Dussoulier. Un signe ne trompe pas : leurs appréciations souvent très favorables sur leurs bulletins scolaires. 60 places ont été ouvertes dans le Cher. Si le dispositif fonctionne, il pourrait faire école en France, d'autant que son coût est trois fois moins élevé qu'un placement en centre social à l'enfance.

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