Société

A Brest, des pétards contre la manifestation anti-rodéo

Par Valérie Le Nigen, France Bleu Breizh Izel mercredi 23 août 2017 à 19:10

Rassemblement de riverains contre les rodéos sauvages à Bellevue
Rassemblement de riverains contre les rodéos sauvages à Bellevue © Radio France - Valérie Le Nigen

Un face à face a opposé ce mercredi 23 août une cinquantaine d'habitants du quartier Bellevue à Brest à une quinzaine de jeunes qui leur ont lancé des pétards jusqu'à l'arrivée de la police. Les manifestants protestaient contre le bruit généré par les rodéos, particulièrement les dimanches soirs.

13h30. Avenue de Tarente quartier Bellevue à Brest. Une quinzaine de jeunes lancent des pétards en direction de la cinquantaine de riverains venus exprimer leur exaspération face aux rodéos sauvages. Pendant le rassemblement, les pétards fusent et tombent au milieu des manifestants jusqu'à l'arrivée de la police. Les riverains s'étaient regroupés pour bloquer partiellement l'avenue, à l'appel d'un habitant du quartier, excédé par les rodéos sauvages, les dimanches soirs et jours fériés, rendant impossible de garder les fenêtres ouvertes. Selon un manifestant, "la police nous a demandé de se disperser, ce que nous avons refusé". Le rassemblement s'est poursuivi jusqu'à 15h00.

Dans un communiqué, la mairie de Brest avait fait savoir qu'elle comprenait l'exaspération des habitants, mais que bloquer physiquement l'avenue posait des problèmes juridiques et constituait une situation à risque.

"On doit dormir les fenêtres fermées"

Certains manifestants ont refusé de s'exprimer au micro de France Bleu par peur de représailles. D'autres ont expliqué ne plus pouvoir supporter les nuisances liées à ces rodéos sauvages et aux provocations de quelques jeunes. Raymond Auclair, l'habitant qui a appelé au rassemblement, explique : "On doit dormir les fenêtres fermées. Et encore, c'est difficile. Personne ne bouge. La mairie a organisé une réunion en juillet mais il ne se passe rien. Cela fait des années que cela dure. Il faut que cela cesse."

Les lanceurs de pétards sont très jeunes : "dimanche dernier, la police a confisqué deux quads et une moto. Mais on ne s’arrêtera pas. On fait rien de mal. On s'amuse. Ils n'ont qu'à mettre des doubles vitrages."

"Les dimanches et jours fériés, il y a moins de keufs"

Quand on demande à ces jeunes s'il y a une solution, ils évoquent un circuit de quad. "Mais dans le quartier, pas loin de tout. Parce qu'on veut amuser la galerie." Interrogés sur la raison de ces rodéos spécifiquement les dimanches soirs ou les jours fériés, les jeunes expliquent que c'est "parce qu’il y a moins de keufs (policiers) ces jours là.'

Certains manifestants craignent que la situation ne dégénère : "un de mes voisins veut acheter des boules de pétanques..." explique une femme.

La mairie de Brest a tenu à rappeler que "les seuls habilités à intervenir sont les forces de police. Nous saluons d’ailleurs leur investissement sur le quartier ces derniers jours afin d’identifier les conducteurs à risque, de diligenter des procédures et de saisir les engins." Et la mairie de poursuivre : "La ville de Saint-Nazaire a récemment décidé d’inviter les communes subissant ce type de nuisance à travailler collectivement sur des solutions. Nous sommes évidemment attentifs à cette initiative."

Un projet de loi en préparation

Le sénateur maire de Massy (Essonne) Vincent Delahaye, a annoncé cet été qu'il présenterait une proposition de loi à la rentrée. Outre la création d'un délit spécifique anti-rodéo qui sanctionnerait le propriétaire du deux-roues, il s'agirait aussi de détruire systématiquement la moto.