Société

A Brest, l'Imam considère que la musique est diabolique et sa vidéo fait le buzz

Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel et France Bleu jeudi 24 septembre 2015 à 18:11

Rachid Habou Houdeyfa, lors d'un prêche pour enfants à Brest.
Rachid Habou Houdeyfa, lors d'un prêche pour enfants à Brest. - Capture d'écran YouTube

L'Imam de la mosquée Sunna est un spécialiste d'internet. Mais l'une de ses vidéos vient de déclencher un buzz encore plus important que d'habitude. Il y explique à des enfants que s'ils écoutent de la musique, ils risquent de se transformer en porc ou en singe.

Voilà une vidéo qui fait le buzz sur internet depuis quelques jours.  Il s'agit d'un prêche de l'imam de la mosquée Sunna, à Brest. Une vidéo qui date de Mai 2014, où Rachid Habou Houdeyfa y enseigne à de très jeunes enfants sa vision de la musique à travers son interprétation du Coran. Et pour lui, la musique sous toutes ses formes est rigoureusement interdite par l'Islam. Un nouveau montage de cette vidéo, mis en ligne il y a quelques jours, casse la baraque : plus de 1.500.000 vues. 

Pourquoi cette vidéo "la musique expliquée aux enfants" pose problème

Les prêches de cet imam brestois ne franchissent jamais les limites du droit et ne font pas d'incitation à la haine, pourtant le contenu de son discours pose la question de la formation des imams. Si Rachid Habou Houdeyfa prend soin de ne jamais franchir la ligne rouge, son prédécesseur dans ce secteur de Brest, algérien, avait été expulsé en 2004 pour avoir à l'époque eu des propos trop radicaux et justifié notamment la guerre sainte.

Le Conseil Régional du Culte Musulman en Bretagne, par la voix de Mohamed Zaïdouni, se désolidarise de tels propos : "On ne peut pas accepter ce genre de propos, l'Islam n'a jamais interdit toutes les musiques. Il y a un problème de pédagogie, surtout devant des enfants".

Des propos pourtant habiles, car cela reste des interprétations du Coran, il en a le droit, il défend une vision très rigoriste de l'islam, mais sans jamais inciter à la haine ni à la violence... ce qui n'empêche pas les services de renseignement de surveiller le contenu de ce qu'il raconte.