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Société

Brevet national des jeunes sapeurs-pompiers, moment de vérité pour 84 candidats du Doubs

dimanche 27 mai 2018 à 9:26 - Mis à jour le samedi 26 mai 2018 à 23:05 Par Laurine Benjebria, France Bleu Besançon

84 jeunes sapeurs pompiers du Doubs ont passé leur brevet national ce samedi au lycée Jouffroy d'Abbans à Baume-les-Dames. Au programme, plusieurs épreuves pour pouvoir officiellement être intégré comme sapeur-pompier volontaire après 3 ou 4 ans de formation.

84 jeunes sapeurs-pompiers du Doubs ont passé l'épreuve technique du sauvetage ce samedi à Baume-les-Dames
84 jeunes sapeurs-pompiers du Doubs ont passé l'épreuve technique du sauvetage ce samedi à Baume-les-Dames © Radio France - Laurine Benjebria

Baume-les-Dames, France

C'était l'épreuve du feu ce samedi pour 84 jeunes sapeurs-pompiers du Doubs. Après avoir suivi une formation de 3 ou 4 heures par semaine, ils ont passé leur brevet national. 

Ils se sont préparés auprès de sapeurs-pompiers volontaires tous les samedi pendant 3 ou 4 ans. De longues heures pour arriver à un but ultime : monter dans le camion rouge. Ils ont commencé leur formation à 11 ans pour certains. Des adolescents motivés et avec un seul objectif, celui de sauver des vies dans le Doubs.

Un questionnaire

Pour y arriver, ils ont dû passer plusieurs épreuves du brevet ce samedi. D'abord des épreuves écrites avec un questionnaire. "Quel est le triangle du feu, c'est-à-dire les éléments indispensables pour une combustion chimique ?", "Quelle est la résistance d'une corde ?", etc. Des questions que les candidats ont bachoté avec des évaluations dans leur caserne, mais également chez eux avec des centaines de pages à lire.

Des épreuves sportives

Les épreuves sportives sont également au programme : un parcours sportif, une course de 12 minutes avec 2 kilomètres à effectuer au minimum et, bête noire des candidats, les tractions. Les adolescentes doivent en réaliser 3 et les garçons 5. 

Sauvetage, lance à incendie...

Les épreuves techniques sont elles aussi préparées en formation. Trois ateliers étaient organisés ce samedi : une manoeuvre avec une lance à incendie, la mise en oeuvre du dispositif éclairage et la manoeuvre du sauvetage.

En binôme, les jeunes sapeurs-pompiers doivent faire descendre un mannequin avec une corde, depuis le premier étage d'un escalier. Tandis que deux s'occupent d'amarrer la victime et de la sangler, les deux autres la réceptionnent. Un travail d'équipe entre deux jeunes qui jusqu'alors ne se connaissaient pas. "C'est une épreuve qu'ils préparent en formation, on leur inculque des automatismes pour qu'ils puissent l'effectuer sur le terrain rapidement" explique le sergent-chef Jérôme Defrasne.

Chacune des épreuves doit être validée ou repassée en rattrapage. Ce n'est pas une question de moyenne, mais bien d'évaluation des acquis.

Un bon cru

Les évaluateurs ont été globalement satisfaits du cru 2018, "aucune faute de sécurité" sur l'épreuve du lot de sauvetage se réjouit un des évaluateurs, Nicolas Châtelain. Sur les 84 candidats, 56 ont obtenu le brevet cette année. Des chiffres satisfants pour le capitaine Samuel Guichard. 

Ce n'est pas le manque de compétence qui pêche pour les 28 candidats déçus, mais "le stress y ait pour quelque chose, ça leur fait perdre leur moyen" note le sergent-chef Jérome Defrasne, président de l'association départementale des Jeunes Sapeurs-pompiers du Doubs. Le sergent-chef se félicite tout de même des bonnes statistiques du département, avec environ 75% de réussite. 

Ceux qui ne sont pas parvenus à l'avoir n'ont pas non plus à s'inquiéter, des sessions de rattrapage sont prévues, en juin et à l'automne.

Mettre en pratique les gestes appris en formation

Parmi les candidats cette année, Sarah, jeune sapeur-pompier à Saint-Vit. Cette adolescente de 16 ans suit une formation depuis 4 ans maintenant. Les gestes des premiers secours, elle les a donc appris au sein de la caserne. Et elle a eu l'occasion de les mettre en pratique le 15 mai.

Lors de l'enterrement de son oncle, elle a assisté à un malaise. Une femme, dans l'assistance, s'est effondrée, inconsciente. Sans réfléchir, par automatisme, Sarah s'est précipitée auprès d'elle. Cette quarantenaire n'avait plus de pouls, alors avec autre homme présent également à l'enterrement, Sarah s'est relayée pour faire un massage cardiaque, en attendant l'arrivée des pompiers. La victime est décédée des suites d'une rupture d'anévrisme, mais ni Sarah ni les pompiers n'auraient rien pu faire de plus.

 Sarah, jeune sapeur-pompier à Saint-Vit - Radio France
Sarah, jeune sapeur-pompier à Saint-Vit © Radio France - Laurine Benjebria

"Ca m'a un peu impressionné, je ne savais pas que je pouvais faire ça"

En lui procurant le massage cardiaque, Sarah a permis à cette femme de retrouver un pouls et de ne pas mourir sur place. "C'est une chose qui est assez rare donc je suis assez fière et en même temps déçue qu'elle ne soit pas en vie" admet l'adolescente.

Cet événement a marqué la jeune sapeur-pompier. "Tous les jours il y a des images de cette intervention qui me reviennent" note Sarah, qui sera suivie par une psychologue du Colis 25. Les sapeurs-pompiers du Doubs sont en tout cas très fiers de leur jeune consoeure qui a d'ailleurs été récompensée ce samedi.

Malheureusement, une seule épreuve non réussie ne lui permet pas d'obtenir son brevet ce samedi. Sarah va donc devoir passer en rattrapage l'épreuve des tractions.