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Société
Dossier : Brexit

Brexit : "On est vraiment soulagé d'avoir un sursis" se félicitent les grossistes du marché de Rungis

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Le Brexit a été repoussé de 6 mois, jusqu'au 31 octobre. La décision a été prise dans la nuit de mardi à mercredi, alors que la sortie du Royaume-Uni était prévue ce vendredi 12 avril. Au marché de Rungis, au sud de Paris, dans le Val-de-Marne, c'est le soulagement, notamment du côté des viandes.

"On reçoit environ 2 000 agneaux britanniques par semaine" explique Jean-Christophe Prosper, directeur de production chez GRG
"On reçoit environ 2 000 agneaux britanniques par semaine" explique Jean-Christophe Prosper, directeur de production chez GRG © Radio France - Théo Hetsch

Rungis, France

Presque la moitié de la viande d'agneau que l'on mange en France vient du Royaume-Uni - la production française est trop faible - alors les carcasses britanniques sont nombreuses dans les rayons du grossiste en viande GRG. Dans son grand entrepôt, des centaines de carcasses, arrivent tous les jours à partir de 17h. Elles sont découpées sur place et vendues aux bouchers, charcutiers ou traiteurs. "On reçoit environ 2 000 agneaux britanniques par semaine, c'est une base pour les fabricants de kebab, de couscous, les restaurateurs et les bouchers", explique Jean-Christophe Prosper, directeur de production, en montrant les trois travées réservées à ces viandes arrivées d'outre-Manche.

En ce moment, à l'approche des fêtes de Pâques, les gens veulent des gros gigots, bien dodus, qui se trouvent plutôt dans les agneaux de Grande Bretagne" - Marie Rivenez, directrice du grossiste GRG

GRG réalise 15% de son chiffre d'affaires en viande d'agneau (dont 90% vient de Grande-Bretagne) - Radio France
GRG réalise 15% de son chiffre d'affaires en viande d'agneau (dont 90% vient de Grande-Bretagne) © Radio France - Théo Hetsch

Cet agneau, c'est 15% du chiffre d'affaires du grossiste, qui emploie 65 salariés. Autant dire qu'un Brexit sans accord aurait eu des conséquences dramatiques. "On est vraiment soulagés d'avoir un sursis, avoue la directrice Marie Rivenez, surtout en ce moment, à l'approche des fêtes de Pâques, où les gens veulent des gros gigots, bien dodus, qui se trouvent plutôt dans les agneaux de Grande Bretagne". Pour autant, elle a commencé à contacter d'autres fournisseurs, notamment en Espagne, mais la qualité de la viande d'agneau n'y est pas la même. "La deuxième option est de poursuivre nos importations d'agneaux britanniques, mais cela implique un travail administratif assez lourds pour se préparer au Brexit, notamment tout le processus de dédouanement - l'application des droits de douane - relativement élevés pour la viande : "en moyenne, on a estimé à 45% du prix les frais de dédouanement, vous imaginez donc l'augmentation des prix à la consommation...". Les sursauts du Brexit ont donné des sueurs froides à Marie Rivenez ces derniers jours. Elle avait d'ailleurs préparé tout un dossier là-dessus : une pochette mauve "Douane Brexit" trône encore sur son bureau : "On a récupéré auprès des douanes notre numéro EORI (numéro d'identification auprès des douanes), la nomenclature des produits, la notice explicative, etc... C'est un gros travail, j'y ai passé plusieurs jours". Pour autant, elle n'a pas mis le dossier à la poubelle. Elle le garde au chaud pour le ressortir éventuellement dans six mois s'il n'y a toujours pas d'accord.

Pour certains, pas d'inquiétude liées au Brexit : "On a déjà connu ça"

Pour autant, tous les grossistes ne sont pas aussi inquiets. Les grossistes de volailles se disent que si l'agneau est plus cher, les clients vont se reporter vers eux. Et puis il y a les plus anciens, qui ont connu d'autres crises par le passé, comme Jean-Jacques Arnoult, grossiste en produits tripiers. "Le jour où il n'y a pas de production du Royaume-Uni, on cherchera sur un autre marché" explique celui qui est dans le métier depuis près de 40 ans. Il vend au Royaume-Uni des langues et cœurs de bœuf et importe lui aussi de l'agneau. Mais le Brexit ça ne lui fait pas peur. "Ça s'est déjà produit, par exemple avec la crise de la vache folle où, du jour au lendemain, tous les produits britanniques avaient été interdits sur le marché français, sauf que cela s'est produit en 24 ou 48 heures... Là, on a un mois, deux mois, six mois peut-être, c'est loin d'être insurmontable". Pour lui, un Brexit dur serait tout à fait supportable, "si on est bien accompagné : l'administration devra remettre en place des postes de douane 24h/24, ce qui n'est pas le cas actuellement" juge-t-il. Les autorités ont donc six mois de plus pour s'y préparer...

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