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Dossier : Brexit

Brexit : les Britanniques du Gard partagés, les viticulteurs inquiets

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Par , France Bleu Gard Lozère

Le divorce entre le Royaume-Uni et l'Europe est consommé ce vendredi. C'est à 23h, heure de Londres, que le Brexit a lieu officiellement. Un événement diversement vécu par les ressortissants britanniques qui habitent dans le Gard. Pour les viticulteurs qui exportent leur vin, c'est l'inquiétude.

Kevin Jones dirige l'école de langues Play Away à Nîmes. " Ça me fait un choc de perdre mes droits de citoyen européen"
Kevin Jones dirige l'école de langues Play Away à Nîmes. " Ça me fait un choc de perdre mes droits de citoyen européen" © Radio France - Sylvie Duchesne

C'est le grand jour ce vendredi 31 janvier pour tous les ressortissants britanniques. Le Brexit, plusieurs fois reporté, a lieu officiellement. La fin de 47 ans d'une relation pas toujours été idyllique entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni. Penelope Austin a 70 ans. Après avoir dirigé plusieurs grosses entreprises (British Rail, Heathrow Airport...) elle a choisi la France pour sa retraite. C'est à Collias, près d'Uzès, qu'elle habite maintenant depuis 15 ans. Elle participe pleinement à la vie de la commune. Le Brexit, elle a toujours milité pour et elle est donc très contente de l'attitude du Premier ministre Boris Johnson. "Il est décidé, il a fait le plan et le plan, c'est le plan. On a 11 mois pour négocier et après c'est terminé." 

Le souvenir "des montagnes de beurre et de sucre" 

Si certains jeunes Britanniques ont voté contre le Brexit, c'est, dit-elle, "parce qu'ils ne savent pas comment c'était avant. Même si ce n'était pas idyllique, c'était mieux, notamment quand le Royaume-Uni commerçait avec les pays de l'ancien Commonwealth." 

Penelope Austin se souvient en effet de l'entrée de son pays dans ce qu'on appelait alors la Communauté économique européenne. C'était le 1er janvier 1973. "J'ai le souvenir des montagnes de beurre, de sucre et les carcasses de brebis brûlées par les Français. L'agneau du Pays de Galles, mon pays. Et ça, ça m'a beaucoup blessée.

Penelope Austin n'a pas que de bons souvenirs de l'entrée du Royaume-Uni dans l'Europe

"L'Europe ce n'est pas que le commerce, c'est un espace de vie." 

À l'inverse, Kevin Jones, 66 ans, déplore le Brexit. Mi-gallois, mi-anglais, il a quitté son pays pour venir en France il y a plus de 40 ans. Il dirige aujourd'hui l'école de langues Play Away à Nîmes et se déclare profondément européen. "Ça me fait un coup de perdre mes droits de citoyen européen. À part ça, ça ne changera pas beaucoup ma vie. J'ai fait ma vie en France et je resterai. J'ai demandé ma naturalisation. Pour d'autres Britanniques qui sont venus ici pour la retraite, ça sera plus difficile. Leurs revenus ne sont pas suffisamment élevés pour rester. S'ils ont des problèmes de santé, quels seront les accords réciproques ? Tout le monde agira avec pragmatisme quant à la conduite à tenir.

Et Kevin Jones d'ajouter : "Le Royaume-Uni depuis le début a traîné les pieds pour empêcher l'intégration européenne. Son départ, peut-être, va nous libérer. Je voudrais que le projet de l'Europe, tel qu'on l'avait imaginé dans les années 90, soit relancé. Pour moi l'Europe, c'est avant tout un espace de vie".

Kevin Jones : " j'aimerais un passeport européen"

L'inquiétude des viticulteurs gardois

En attendant de savoir quelle sera la teneur des accords négociés entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, les viticulteurs gardois eux, sont inquiets. En 2018, 23% des vins français exportés vers le Royaume-Uni venaient d'Occitanie. 

"Les importateurs ont fait des stocks explique Patrick Compan, viticulteur à Saint-Maurice-de-Cazevieille et vice-président à la Chambre d'agriculture du Gard en charge de la viticulture. Mais après l'annonce du Brexit et la dévaluation de la livre sterling, le prix du vin français a augmenté de 3%. Et là-bas aussi, la consommation de vin diminue. Ce qui nous sauve, c'est la qualité. En Angleterre, il y a un seuil psychologique de 6 £ à ne pas franchir. Si on augmente les taxes, on risque de perdre des parts de marché et d'être remplacés par des vins d'Australie ou de Californie."

Patrick Compan, chargé de la viticulture à la Chambre d'agriculture du Gard

Une fois sorti de l'Union européenne, le Royaume-Uni va devoir négocier d'ici au 31 décembre 2020 les conditions de sa relation future avec les 27 pays membres dans une série de domaines (commerce, sécurité intérieure, mobilités, etc.). Pendant cette période de transition, le droit européen continuera de s'y appliquer comme dans le reste de l'Union. 

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