Société

Burkini : le CFCM exprime sa "profonde émotion et inquiétude"

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 24 août 2016 à 15:59 Mis à jour le mercredi 24 août 2016 à 17:06

 Anouar Kbibech le président du CFCM a été reçu par le ministre de l'Intérieur au sujet du burkini
Anouar Kbibech le président du CFCM a été reçu par le ministre de l'Intérieur au sujet du burkini © Maxppp - Cedric Bufkens

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a reçu ce mercredi après-midi le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui l'avait sollicité en "urgence" alors qu'enfle la polémique née des arrêtés anti-burkini adoptés dans certaines communes.

C'est un appel à la tolérance qu'a lancé mercredi le CFCM, qui "s'inquiète de la tournure prise par le débat public" autour du burkini. Il avait demandé et obtenu une audience au ministère de l'Intérieur, mercredi après-midi. "Il y a quelques jours, une femme a été verbalisée sur la plage de Cannes alors qu'elle portait un simple foulard en accompagnant juste ses enfants", a souligné le président du CFCM Anouar Kbibech qui a exprimé à l'issue de cet entretien la "profonde émotion et inquiétude" du Conseil français du culte musulman.

Une verbalisation qui indigne à Cannes 

"Aujourd'hui même, nous découvrons des images de policiers obligeant une femme sur la plage de Nice à ôter une tunique alors qu'elle ne porte même pas un burkini", a ajouté le président du CFCM. Les photos d'un contrôle de police municipale effectué sur une plage de Nice à l'encontre d'une estivante portant un petit turban noué sur la nuque et ôtant sa tunique à manches longues suscitent une large indignation sur internet depuis leur publication par des journaux britanniques, mardi soir. Nice fait partie des nombreuses communes de la Côte d'Azur qui ont interdit sur leurs plages publiques des tenues ne respectant pas la laïcité.

"Sagesse et responsabilité"

"Dans la situation difficile et critique que vit la France au lendemain des attentats tragiques qui ont touché profondément le pays, le CFCM en appelle à la sagesse et à la responsabilité de chacun. Aujourd'hui, nous avons plus besoin d'actes d'apaisement et de tolérance", a conclu M. Kbibech. Sur la scène politique, la polémique monte aussi : mercredi, le Parti socialiste a dénoncé une "dérive particulièrement dangereuse" après la verbalisation de la femme voilée à Cannes.

Face au représentant du CFCM mercredi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a estimé que les arrêtés ne doivent pas conduire à "des stigmatisations".

Le Conseil d'État, saisi par la Ligue des droits de l'homme après un arrêté anti-burkini pris dans l'une des communes concernées de la Côte d'Azur, se penchera jeudi sur la légalité de ces interdictions.