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"C'est un message d'espoir" : le livre bouleversant d'une jeune Caennaise victime de maltraitances

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Fidji Gibert, 21 ans, publie ce mercredi son histoire, poignante. Violences familiales, conjugales, harcèlement scolaire : la jeune femme, qui vit à Caen, a vécu l'enfer et le raconte dans cet ouvrage, à travers lequel elle veut tendre la main aux victimes qui, comme elle, essaient de s'en sortir.

Fidji Gibert publie son livre, "Les monstres de ma vie", ce mercredi 26 août
Fidji Gibert publie son livre, "Les monstres de ma vie", ce mercredi 26 août © Radio France - Francis Gaugain

Lorsqu'elle arrive dans notre studio pour l'interview, impossible de penser qu'elle est passée par tout ce qu'elle décrit dans son livre. Fidji Gibert, 21 ans, mannequin photo, est souriante, apprêtée, sûre d'elle. Pourtant, cette jeune maman d'une fillette de quatre ans a vécu l'enfer. 

"Il m'agrippait à la gorge, me soulevait et m'étranglait"

Dans "Les monstres de ma vie", publié ce mercredi 26 août en librairie, elle raconte toutes les maltraitances qu'elle a subies depuis son enfance. Cela commence dès ses premiers mois d'existence, un bébé sous-alimenté dans un environnement vétuste. Puis, à l'école, le harcèlement de ses camarades dès la primaire : "c'était interminable [...] elles en vinrent même à uriner sur mon manteau quand je le posais au sol", écrit-elle. À la maison, son père est au mieux indifférent, au pire violent, comme cette fois-là : à huit ans, elle refuse de se doucher avec ses frères alors que son père souhaite économiser l'eau. "Les yeux révulsés de colère, il me força à me dénuder en me criant dessus, pour me jeter dans la cage d'escalier, nue, à la vue de tous". 

Ensuite viennent les premiers petits amis et les premiers coups. "Thomas m'agrippait à la gorge, me soulevait et m'étranglait. Puis il me jeta au sol et s'en prit à mes affaires en déchirant le peu de vêtements qu'il me restait." Ce "compagnon" qui la viole, alors qu'elle n'a que 16 ans. Elle tombe enceinte ensuite, et finit par élever seule sa fille, en passant par des centres maternels et en poursuivant tant bien que mal ses études en parallèle. 

"Je sais que nous sommes beaucoup à connaître ce que j'ai pu vivre"

Ce récit, Fidji le veut utile. "Je sais que nous sommes beaucoup à connaître ce que j'ai pu vivre : le viol, les maltraitances, familiales, conjugales, élever un enfant seule... Si une autre victime lit le livre, elle va se dire "je ne suis pas seule". C'est un message d'espoir pour ceux qui veulent s'en sortir et qui ont de gros doutes sur eux-mêmes." Une main tendue aux victimes, mais aussi un appel aux professionnels et aux parents : "Réagissez ! Même si on vit une période difficile avec le Covid, on ne doit pas oublier que les violences conjugales ont augmenté pendant le confinement. Il ne faut pas laisser tomber les victimes."

Des victimes qui comme Fidji, éprouvent souvent de la culpabilité envers elles-mêmes : "Je me disais, je l'ai mérité, ou je ne fais pas les choses assez bien. C'est comme les violences conjugales : "elle l'a cherché", comme on entend souvent. Non. Non, c'est une femme, et quand on se marie ou qu'on sort avec une femme, on la respecte." Le respect de l'autre, c'est tout ce qui a fait défaut dans la vie de Fidji. Aujourd'hui, elle milite pour que les parents et l'école l'enseignent aux enfants, dès le plus jeune âge, y compris dans le domaine encore tabou de la sexualité. "C'est aux parents d'expliquer aux enfants, d'arriver à leur dire : "on va discuter un peu, pas seulement des préservatifs, mais aussi du respect de l'autre dans la sexualité."

"Nos parents doivent nous expliquer les choses ouvertement"

La jeune femme a tourné la page et remonté la pente, au prix de nombreux efforts. Aujourd'hui, elle a appris a s'aimer elle-même, et c'était cela le plus difficile, dit-elle. "C'est dur, aujourd'hui, de s'aimer soi-même, surtout quand on est une femme. C'est un travail que j'ai fait sur les années."

"J'ai appris à m'accepter moi, à m'aimer moi"

Fidji espère aider d'autres victimes à travers son témoignage, et pourquoi pas, "si le livre marche bien", s'en servir pour donner des interventions dans les écoles. "En primaire, parce que le harcèlement commence très tôt, et au collège, parce que c'est là que j'ai subi le plus de harcèlement." Celle qui était auparavant traitée comme une "grosse vache", isolée du reste du groupe, a un message à faire passer à ses anciens harceleurs : "Beaucoup de ces gens qui m'ont fait du mal m'ont dit regretter aujourd'hui. C'est l'effet de groupe, l'influence des autres."

"Regarde-moi aujourd'hui" : message à mes anciens harceleurs

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