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Dossier : Coronavirus Covid-19

"C’est une question de survie" : Emmaüs appelle aux dons pour la première fois

L’association Emmaüs lance un appel aux dons financiers, inédit dans son histoire. Elle n’a plus aucune recette à cause du confinement : les ventes de produits récupérés qui lui permettent habituellement de se financer sont interdites. Illustration en Poitou-Charentes.

Emmaüs lance un appel aux dons financiers, pour la première fois de son histoire (photo d'illustration)
Emmaüs lance un appel aux dons financiers, pour la première fois de son histoire (photo d'illustration) © Radio France - Luc Chemla

L’appel aux dons financiers, chez Emmaüs, "ce n’est pas dans notre ADN". Le président d’Emmaüs en Charente, Jean-Claude Viollet, insiste ainsi sur le caractère exceptionnel de l’appel à l’aide lancée par l’association. "Notre ADN, c’est : on travaille, on récupère, on trie, on vend. Et c’est avec ça qu’on accueille, qu’on héberge, qu’on accompagne, qu’on est solidaires. Mais là, on est dans une situation où il y a véritablement un risque pour la survie-même du mouvement. C’est la première fois depuis 70 ans".

D’habitude, Emmaüs est autonome financièrement, grâce à la récupération et à la revente des objets donnés par les particuliers, sans subvention. L'association permet ainsi à des milliers de personnes d’éviter la rue. Mais avec le confinement, tout est à l’arrêt. Et les communautés Emmaüs ne perçoivent plus aucune recette.

On est dans une situation où il y a un risque pour la survie-même du mouvement.

Cet appel aux dons, "ce n’est pas du tout ordinaire", confirme Bruno Pajot, le responsable de la communauté Emmaüs de Châtellerault-Naintré, dans la Vienne. Mais il n’y a pas le choix : ses réserves financières seront à zéro fin juin. Si l’activité n’a pas pu reprendre correctement avant l’été, "on est très mal", lance-t-il. A Châtellerault, Emmaüs prend en charge environ 200 personnes, y compris des enfants : elle héberge une quarantaine de familles dans ses trois lieux de vie et dans 35 appartements.

En Charente, sur ses deux sites de Cognac-Chateaubernard et d’Angoulême (qui accueillent 55 compagnes et compagnons, et 12 enfants), Emmaüs aura même épuisé ses réserves de trésorerie dès la mi-mai. Après, ce serait "cessation de paiement, pour être clair", prévient son président Jean-Claude Viollet. "On accueille des gens, ils ont besoin de nous. Et bien, on crie aujourd’hui, comme l’Abbé Pierre l’avait fait lors de l’hiver 54 : nous avons besoin de vous. ILS ont besoin de nous, nous avons besoin de vous. Et de toute urgence !"

La crise sanitaire va entraîner une crise économique, et la crise économique va entraîner une crise sociale sans précédent.

"L’angoisse, insiste Jean-Claude Viollet, c’est de tenir, de pouvoir continuer d’accueillir, d’héberger, d’accompagner, et d’être solidaires. Parce qu’on est en crise sanitaire, la crise sanitaire va entraîner une crise économique, et la crise économique va entraîner une crise sociale sans précédent sans doute, pendant laquelle l’appel à solidarité sera plus important encore qu’on ne l’a jamais connu".

Il n’est pas question qu’on remette des familles entières à la rue.

Emmaüs espère une reprise d’activité après le 11 mai. Mais Jean-Claude Viollet s’inquiète des futures contraintes : concernant la collecte des objets, "on ne mettra pas trois compagnons par camion, ça va nous compliquer la collecte, on ne rentrera sans doute pas dans les habitations". Concernant la vente, "on va sans doute être contraint de limiter le nombre de personnes présentes simultanément, établir des circuits dans les espaces de vente".

"Il n’est pas question qu’on remette des familles entières à la rue parce qu’on manquerait de moyens", prévient Bruno Pajot à Châtellerault. Jean-Claude Viollet, en Charente, conclut : "il faut, bien sûr, que chacun reste chez soi. Mais ça ne veut pas dire chacun pour soi".

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