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Société

"C'était l'anarchie, j'espère ne plus jamais vivre ça" : des Parisiens racontent leur journée de samedi

dimanche 2 décembre 2018 à 20:59 - Mis à jour le lundi 3 décembre 2018 à 7:00 Par Tommy Cattaneo, France Bleu Paris et France Bleu

Ils étaient aux premières loges lors des débordements en marge de la manifestation des Gilets jaunes samedi, à Paris. Au lendemain de ces heurts, les commerçants et les habitants des zones touchées essayent de reprendre une vie normale, et redoutent un nouveau rassemblement samedi prochain.

Avenue Foch, au moins cinq voitures ont été incendiées.
Avenue Foch, au moins cinq voitures ont été incendiées. © Radio France - Tommy Cattaneo.

Paris, France

Il reste encore des vitrines brisées et des traces des voitures incendiées dans plusieurs rues de Paris. Après les violents débordements de samedi en marge des rassemblements des Gilets jaunes dans la capitale, les agents de la Ville de Paris ont mis les bouchées doubles pour tout nettoyer, même si un retour à la normale ne devrait pas se faire avant plusieurs jours, selon la mairie. 

J'étais barricadé avec ma famille, c'était l'enfer, ça a été l'enfer de 13 heures à 19 heures" - Un riverain de la place de l'Étoile

Ce dimanche, on trouve encore des traces des violents affrontements entre CRS et casseurs. Près de la place de l'Étoile, un hôtel particulier a été pillé et incendié par les manifestants. "C'est mon voisin", confie un autre habitant du secteur, lui aussi propriétaire d'un hôtel particulier. "J'étais barricadé avec ma famille, c'était l'enfer, ça a été l'enfer de 13 heures à 19 heures", explique l'homme, qui souhaite rester anonyme. 

Un hôtel particulier a été incendié samedi. - Radio France
Un hôtel particulier a été incendié samedi. © Radio France - Tommy Cattaneo.

S'ils avaient réussi à entrer, ça aurait été dramatique"

"Les casseurs sont rentrés par le jardin, et un gars a tapé pendant 5 minutes sur nos fenêtres pour essayer de rentrer dans la maison, je pense que ce n'était même pas pour voler, mais simplement pour mettre le feu", poursuit ce riverain de la place de l'Étoile. "S'ils avaient réussi à entrer, ça aurait été dramatique. C'était l'anarchie, j'espère ne plus jamais vivre ça."

Les casseurs sont rentrés dans les jardins en faisant tomber les grilles métalliques.  - Radio France
Les casseurs sont rentrés dans les jardins en faisant tomber les grilles métalliques. © Radio France - Tommy Cattaneo.

Les passants s'arrêtent pour faire des photos des carcasses de voitures brûlées

Du côté de l'avenue Raymond Poincaré dimanche après-midi, les agents de la Ville étaient encore en train de relever les jardinières du fleuriste renversées sur les trottoirs et de dégager les sapins de Noël qui ont servi de barricades. "On a vraiment eu peur hier", raconte Isabelle, dont la boutique se trouve à quelques dizaines de mètres des carcasses de voitures brûlées. "Quand on a vu les casseurs arriver, on a éteint les lumières et on s'est réfugié à l'arrière du magasin, avec mes six salariés."

Les carcasses de voitures brûlées n'avaient pas toutes été évacuées dimanche. - Radio France
Les carcasses de voitures brûlées n'avaient pas toutes été évacuées dimanche. © Radio France - Tommy Cattaneo.

Si les Gilets jaunes sont pacifiques, il faut qu'ils agissent comme tel" - Isabelle, une commerçante de l'avenue Raymond Poincaré 

Certains casseurs sont rentrés dans la boutique en brisant une vitre, et ont volé les 200 ou 300 euros du fond de caisse et quelques vêtements. Pas trop de dégâts donc mais beaucoup de stress. "Si les Gilets jaunes sont pacifiques, il faut qu'ils agissent comme tel", lâche la commerçante. "Je ne leur demande pas d'empêcher les casseurs de tout détruire, mais au moins d'évacuer la rue pour que les policiers puissent intervenir." Samedi, certains Gilets jaunes sont restés sur le trottoir à regarder les casseurs tout détruire.

"Il faut aussi que le gouvernement entende qu'il y a une colère", explique Isabelle. "Parce qu'on est presque tous d'accord : on en a marre d'être pris pour des pigeons."