Société

C'était le cuisinier du débarquement le 6 juin 1944

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde vendredi 6 juin 2014 à 7:00

Emile Ceret, bientôt 95 ans, cuisinier des soldats du Jour J en Angleterre
Emile Ceret, bientôt 95 ans, cuisinier des soldats du Jour J en Angleterre © Radio France

Émile Ceret presque 95 ans aujourd'hui, s'est engagé dans l'Armée de l'Air en 1939. Basé à Istres, puis en Afrique et en Angleterre, il était cuisinier. Et il a assuré, depuis York, le ravitaillement des militaires partis bombarder les soldats allemands, en soutien aux opérations de débarquement allié du 6 juin 1944.

Sa voix se brise à l'évocation de la deuxième guerre mondiale . Émile Ceret a 20 ans en 1939 , quand il décide de s'engager dans l'armée. Il est alors maçon à Langon et décide de tout quitter pour rejoindre l'Armée de l'air à Istres, d'abord, puis Dakar, Agadir, Meknès et enfin l'Angleterre . Il est cuisinier au service des officiers et fait des pieds et des mains pour être enrôlé avec les militaires français qui rejoignent la Grande-Bretagne dès 1943. E

Émile Ceret participe, en tant que soldat-cuisinier, à sa façon comme il dit, au Débarquement du 6 juin 1944 depuis la base de York au sud de l'Angleterre. Durant plusieurs jours, il travaillera 24 heures sur 24 au gré des mouvements des avions qui partent bombarder et du retour des soldats qu'il faut nourrir.

"Ma devise : le moral des soldats se lit dans le fond de la gamelle. Dans la nuit, on a servi 500 repas." — Émile Ceret

Émile Ceret reste sur la base de York jusqu'à la fin de l'été 1944 et suit les opérations militaires avec beaucoup de stress. Il en tremble à le raconter encore aujourd'hui.

"On se disait : vont-ils tenir ?" "Non il n'y avait pas de joie, le 6 juin 44. Il y avait tellement de morts." — Émile Ceret

Il retrouve ses parents en Langon , simplement en septembre 1945 .

"Ça faisait presque trois ans que mes parents n'avaient plus de nouvelles de moi. Ils n'y croyaient plus quand je suis rentré à vélo à Langon."

Émile Ceret a fait la campagne d'Indochine quelques mois plus tard, toujours en cuisine. Il a consacré sa vie à l'armée jusqu'à ses 60 ans. Il en a aujourd'hui presque 95. Il les fêtera en septembre chez lui à Bordeaux.

"Ma devise: le moral des soldats se lit au fond de la gamelle"