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TÉMOIGNAGE - "Faire un AVC pendant le Covid, c'était pas une bonne idée..."

Aunay-sur-Odon, France

C'est avec ironie, pour donner le change, que Nathalie explique la situation de son mari victime d'un AVC le 13 mars, à quatre jours du confinement. D'abord hospitalisé au CHU de Caen, il a été transféré au centre de rééducation neurologique d'Aunay-sur-Odon. Elle ne le voit qu'une fois par semaine.

Le centre hospitalier d'Aunay-Bayeux dispose sur son site d'Aunay-sur-Odon d'un centre de rééducation neurologique.
Le centre hospitalier d'Aunay-Bayeux dispose sur son site d'Aunay-sur-Odon d'un centre de rééducation neurologique. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

"Vraiment c'était pas une bonne idée..." Elle préfère essayer d'en plaisanter. Mais derrière son sourire se cachent l'angoisse et l'épuisement. Nathalie*, Caennaise de 51 ans, a vu sa vie basculer le 13 mars dernier. Quand on l'a appelée pour lui annoncer que son mari avait fait un malaise. "Venez vite il y a des décisions à prendre". Elle accourt au CHU de Caen où il a été placé en réanimation, entre la vie et la mort. Finalement, il s'en sort. Mais à 54 ans, il est paralysé du côté gauche. 

Le premier mois, elle n'a vu son mari qu'une fois par semaine pendant 3/4 d'heure

Il passe deux mois au service neurologie. "Je passais ma vie au CHU, raconte Nathalie, je dormais sur un tapis de yoga dans les toilettes". Le 18 mai, il va un peu mieux et son état lui permet d'être transféré en service de rééducation neurologique à Aunay-sur-Odon, à 35 kms de Caen. Rien à dire, au contraire, sur la prise en charge médicale. "Il est suivi par des orthophonistes, des ergothérapeutes, il commence à faire des progrès" constate Nathalie. Mais c'est le moral qui a du mal à suivre. Covid oblige, les visites sont extrêmement restreintes. Une fois par semaine pendant 45 minutes durant le premier mois. "Dans une salle où il y avait d'autres personnes, séparés par une table avec une plaque en plexiglass." Son mari a des difficultés à s'exprimer. Elle a l'idée d'utiliser le téléphone avec des écouteurs pour qu'au moins ils puissent s'entendre. 

Une volonté de l'établissement pour limiter les risques liés au Covid

Depuis le 22 juin, les règles de visite se sont assouplies. Elles sont désormais autorisées tous les jours "mais de 14h à 17h, comment font les gens qui travaillent?" Et elles restent interdites le week-end. Nathalie est enseignante. "Une chance, je peux au moins venir le voir le mercredi". L'hôpital d'Aunay-Bayeux explique que c'est une volonté de l'établissement pour minimiser les risques. "Nos patients ne sont pas rééduqués dans leur chambre, mais sur des plateaux où ils croisent d'autres patients, explique Florence Adriensense cadre de santé, nous devons impérativement savoir qui entre et qui sort de l'établissement". Et l'hôtesse d'accueil part à 17 heures. A titre de comparaison, le centre de rééducation neurologique de Granville autorise les visites en soirée, les week-ends et jours fériés depuis début juin.

"Faire un AVC pendant le Covid, c'était vraiment pas une bonne idée..."

A Aunay-sur-Odon, les choses devraient s'assouplir début juillet, avec la mise en place d'un registre. Mais pour l'heure Nathalie s'interroge sur ce confinement qu'on impose à des malades qui ont besoin de voir leurs proches. "Je sens mon mari à fleur de peau. Déjà avoir un AVC, se sentir diminué, être paralysé de tout un côté, c'est énorme, alors en plus ne pas pouvoir avoir de visites, est-ce qu'on a besoin de lui rajouter ça ? Non c'était vraiment pas une bonne idée de faire un AVC pendant le Covid".

Le reportage de France Bleu Normandie

*Prénom d'emprunt

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