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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

EN IMAGES - Cahiers de doléances : le pouvoir d'achat, première revendication des Gibervillais

lundi 14 janvier 2019 à 6:06 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

La commune de Giberville a été la première du Calvados à ouvrir un cahier de doléances suite au mouvement des gilets jaunes. Une quarantaine d'habitants seulement ont participé en un mois. Ils demandent avant tout de "vivre dignement".

Une quarantaine d'habitants, comme Cyril, jeune retraité, ont écrit dans le cahier de Giberville en un mois.
Une quarantaine d'habitants, comme Cyril, jeune retraité, ont écrit dans le cahier de Giberville en un mois. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Giberville, France

Depuis un mois, plusieurs communes invitent les habitants à remplir des cahiers de doléance pour essayer de répondre au mouvement des gilets jaunes. La première à le faire, dans le Calvados, c'était Giberville, près de Caen. Une initiative du maire communiste Gérard Leneveu.

Les habitants peuvent venir directement en mairie ou envoyer un mail pour raconter leurs difficultés ou proposer des solutions.  Pour l'instant, ça n'attire pas les foules. Seulement une quarantaine d'habitants ont participé, sur les 5000 que compte la commune.

Gérard Leneveu a lu tous ces témoignages, et a dressé un premier bilan des revendications : "La question majeure qui revient, sans surprise, est celle du pouvoir d'achat à 31 %. 15 % des messages sont des critiques vis à vis des élus et de certaines institutions. 8 % demandent le référendum d'initiative citoyenne (RIC), 7 % concernent l'écologie, et deux témoignages demandent un référendum sur l'immigration."

"Y en a marre d'avoir travaillé 40 ans de sa vie pour avoir une petite retraite, stop à l'augmentation !" - un témoignage

Beaucoup de problèmes soulevés... mais aussi des propositions : "hausse des minima sociaux, suppression du CICE, lutte contre les paradis fiscaux, retour de l'ISF"...

Lien entre les élus et les ruraux

Mardi 8 janvier, vers 15 h, Cyril, jeune retraité est le deuxième Gibervillais de la journée à pousser la porte de la mairie pour demander le fameux cahier. Il n'a jamais manifesté mais il soutient les gilets jaunes. Ces cahiers sont pour lui une très bonne idée "C'est un lien nécessaire entre la population et les gens qui gouvernent à Paris et ne voient rien de ce qui se passe dans les zones rurales."

Océane au contraire n'y croit pas. Cette jeune maman de 25 ans, commerciale, ne compte pas écrire ses doléances : "Je pense que tout a été dit... Je ne sais pas si ça sert à quelque chose. je ne crois pas, honnêtement, qu'ils vont prendre le temps de lire toutes nos petites revendications !"

Les doléances transmises au préfet

Pourtant, dès qu'il aura récolté au moins une centaine de messages, le maire Gérard Leneveu compte bien les apporter à la préfecture, pour qu'elles soient transmises au président de la République. Il espère que ça pourra alimenter le grand débat national qui débute mardi 15 janvier et va durer trois mois et demi.

"On voit en tant que maire depuis des années qu'il y a une urgence sociale"

"Si on veut que la colère s'apaise et que les gens vivent dignement il faut des mesures urgentes et concrètes ce qui n'est malheureusement pas le cas aujourd'hui", explique-t-il. "Il faut passer des paroles à des actes concrets. En tant que maire, on voit depuis des années qu'il y a une urgence sociale !"

Le maire aussi a une doléance : il regrette la baisse des dotations de l'Etat aux mairies. Si ça continue comme ça, lui aussi va porter un gilet dit-il... mais un gilet tricolore, même s'il soutient les gilets jaunes. Il condamne néanmoins les violences commises à Caen en janvier.

Le reportage France Bleu Normandie